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À Paris, une maison close de poupées sexuelles agite l’opinion publique

poupée sexuelle

Sofia, une des poupées sexuelles de chez Xdolls | © Facebook @ Xdolls

Société

En France, cela fait 72 ans que les maisons closes sont interdites. Et pourtant, depuis le 1er février, Xdolls a ouvert ses portes à Paris. Sa particularité : toutes les « filles » sont en fait des poupées sexuelles, ce qui permet à l’endroit de bénéficier d’un flou juridique. Sans pour autant empêcher ses détracteurs de tenter de le faire fermer. 

Première du genre en France, cette maison close aux habitantes faites de silicone s’est rapidement attirée les foudres de l’opinion publique, le groupe communiste, membre de la majorité municipale de Paris, a notamment évoqué « une avancée déguisée vers l’acceptation au retour des maisons closes », soulignant « une manière, pour de nombreux hommes, d’assouvir leurs fantasmes en se privant du consentement de la partenaire puisque celle-ci ne peut pas s’exprimer ».

Ce lupanar génération 0 est le summum de la banalisation de l’acte sexuel et la déshumanisation de la relation entre les êtres humains.
PCF – Front de Gauche

Et le groupe communiste d’introduire dans la foulée une proposition au Conseil de Paris réclamant la fermeture de ce « lupanar génération 0« .Proposition qui y a été rejetée le 22 mars dernier, l’exécutif ayant estimé que cette question ne relevait pas des compétences de la ville de Paris. D’autant que légalement, la préfecture serait bien en mal d’imposer la fermeture du commerce.

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Sarah, la dernière « recrue » de X Dolls – Facebook @ X Dolls

En effet, aux yeux de la loi, Joachim Lousquy, le fondateur de Xdolls, ne fait que louer des jouets, assemblages de métal et de silicone qui ne tombent pas sous le coup de la loi relative à la prostitution et au proxénétisme. Sis dans un espace de 70 mètres carrés du 14e arrondissement de Paris, Xdolls accueille quatre poupées, Kim, Lydie, Sophia et Candice. Montant d’une heure en compagnie de l’une d’entre elles : 89 euros. Pour Lorrain Questiaux, porte-parole du Mouvement du Nid, qui lutte contre la prostitution, il n’y a pas d’équivoque : « Ce n’est pas un sex-shop. C’est un endroit qui génère de l’argent et où l’on simule le viol d’une femme ». 

« Incitation au viol ou à la pédophilie »

Muettes, amorphes et incapables de se défendre, les poupées de cette drôle de maison close inciteraient en effet certains de leurs « clients » à laisser libre cours à leurs pulsions les plus basses. Pour le conseiller communiste Hervé Bégué,  Xdolls n’est rien de moins qu’une « incitation au viol ou à la pédophilie au vu de l’ambiance sonore que vous pouvez demander au propriétaire ou de la taille de ces poupées de silicone ». Parmi les modèles, une poupée mesurerait notamment 1m43 pour 34 kilos seulement, des mensurations moins de correspondre à celles d’une femme adulte, silicone ou non.

Facebook @ X Dolls

Reste que selon Joachim Lousquy, interrogé par Le Parisien, le public de son établissement est composé principalement d’hommes, « 30-50 ans, plutôt CSP + propres sur eux, ainsi que quelques couples qui viennent vivre une nouvelle expérience sexuelle ». Et si les détracteurs du projet s’y opposent avec virulence, tous les élus parisiens ne partagent pas leur point de vue pour autant. Pour le groupe d’opposition UDI-Modem, il n’y a ainsi « pas de quoi fouetter un chat sadomaso ». D’autres ont été prompts à pointer du doigt que le problème à Paris n’était pas une maison close de poupées sexuelles mais bien la prostituion en elle-même.

Honnêtement, je trouve hyper humiliant qu’on se préoccupe d’objets à branlette alors que des personnes humaines se battent toute l’année pour faire entendre leur voix. Écoutons en priorité leurs revendications.
Ovidie

En attendant, Joachim Lousquy fait face, affirmant à 20 Minutes que « nous proposons quelque chose de carré, propre et légalSi on doit se plier, on se pliera mais nous n’allons pas nous laisser faire ». Reste que le battage médiatique autour de sa maison close 2.0. pourrait bien être ce qui causera sa perte. À Barcelone, la première maison close de robots sexuels avait fermé quelques semaines seulement après son ouverture, victime de son succès.

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