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1958 : la Belgique de papa en pleine Guerre froide

Ce 17 avril officiellement, l'Atomium fête ses 60 printemps. | © Wikimedia / Rudolf Simon

Société

Ce 17 avril officiellement, l’Atomium fête ses 60 printemps. Flash-back sur une période insouciante et dorée sur fond de guerre froide, dans cette Belgique joyeuse de l’après-guerre où convergèrent toutes les nations.

1958. Bruxelles accueille la première Exposition universelle après la Deuxième Guerre mondiale. Les stigmates du conflit s’atténuent. Entre une Amérique qui entend faire oublier le maccarthysme et une Union Soviétique qui amorce tout juste sa déstalinisation, la Guerre froide laisse la place, éphémère, à une coexistence pacifique. L’Onu, l’Otan et la Communauté économique européenne viennent de naître. Ce sont les Trente Glorieuses et l’entrée de gaité de cœur dans la société de consommation.

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L’événement-culte est à la charnière de deux mondes. Sur fond de menace atomique et de décolonisation, on parle de paix entre les peuples, de nouvel humanisme. Mais aussi de progrès techniques, d’automatisation et de prospérité. C’est l’époque de la course à l’espace entre deux blocs qui s’observent en chiens de faïence. La manifestation est synonyme d’utilitaire aussi. C’est l’ère de la crise charbonnière, du culte du pétrole, de la machine à laver, des premières télés. Celle de la domesticité et des arts ménagers. L’heure du baby-boom et de la croissance sociale.

BD « Sourire 58 » Cette BD belge fraîchement éditée met en scène une vaillante hôtesse au cœur d’un nid d’espions (éd. Anspach). Expo des planches originales de la BD du 13 avril au 8 mai 2018. Galerie Champaka, 27 rue Ernest Allard, 1000 Bruxelles. (crédit Editions Anspach)

Moderne et optimiste

Du 17 avril au 19 octobre 1958, la Belgique radieuse se fait le porte-étendard d’un idéal à la fois édulcoré et pointu, « tendance » dirait-on aujourd’hui : celui d’un monde meilleur et d’une coopération internationale sans cesse revendiquée. Une « parodie d’entente cordiale entre les peuples » entend-on. Des nations du monde dont la devise est de « contribuer à promouvoir l’unité du genre humain, dans le respect de la personne humaine ». Sirupeux pour certains, illusoire pour beaucoup, le slogan permettra de placer la barre haut quant à l’étiquetage de cette manifestation monstre qui vit passer le beau monde et le monde tout court sous les sphères de l’Atomium. Près de 42 millions de visiteurs se presseront dans la capitale belge pour arpenter les pavillons d’une quarantaine d’États.

La planète entière, ou presque, déferle sur Bruxelles. Les pays font reluire leurs atouts. La ligne claire qui domine l’ensemble est à la fois belge et universelle. Les tons guillerets des nacelles du téléphérique confirment cette ambiance pétaradante d’après-guerre. La capitale belge est moderne et entend convaincre la planète avec un ample sourire à l’américaine. L’ambiance est à l’optimisme et à l’émerveillement ludique. La Belgique joyeuse en est le témoignage le plus gaillard.

L’Expo sera associée dans la mémoire collective à une charte graphique aux accents un peu futuristes et oniriques, les immeubles ressemblent à des vaisseaux spatiaux ou à des navires fuselés.

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Bruxelles atomium Expo 58
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