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À Stockholm, le pénis bleu de la discorde

Le pénis est peint sur la façade d'une entreprise qui laisse régulièrement des street artists s'exprimer. | © AFP PHOTO

Société

L’artiste suédoise Carolina Falkhort expose depuis quelques jours un phallus gigantesque sur la façade d’un immeuble de Stockholm. Mais les voisins du bâtiment ne le voient pas de cet œil-là.

 

Avec une capitale recouverte de fresques suggestives, les Belges sont habitués aux polémiques artistico-urbaines. Mais ce n’est manifestement pas le cas à Stockholm où l’apparition cette semaine d’un gigantesque phallus bleu fait s’indigner les Suédois.

La peinture, une œuvre à attribuer à Carolina Falkhort, s’est installée sur la façade d’un immeuble de cinq étages sur l’île de Kungsholmen. La « graffita » – le surnom de l’artiste, un jeu de mot entre « graffeuse » et « vulve » – est coutumière du fait : en décembre, elle avait peint un autre pénis géant à New York, rose cette fois.

Et son sexe suédois, aux couleurs du pays, devrait connaitre le même sort que son cousin éclarlate : recouvert, en l’espace de quelques jours à peine. Peint sur un immeuble dédié aux fresques artistiques, ses propriétaires ont décidé de le faire recouvrir dans le courant de la semaine prochaine, suite à de nombreuses plaintes, explique The Local.

Car si on était tenté de penser que les Suédois étaient plus ouverts que les Belges, ils n’en est rien : de nombreux passants se sont montrés choqués à la vue de l’œuvre de Carolina Falkhort. « Bien entendu, nous tenons à la liberté artistique, mais en même temps, nous nous devons de respecter l’opinion de nos proches voisins », s’est défendue Camilla Klint, de l’entreprise propriétaire du bâtiment. Elle interpelle également The Local sur le fait que la compagnie a découvert en même temps que tout le monde la fresque et son sujet principal.

©AFP PHOTO / TT News Agency / Anders WIKLUND – Accrochées au pénis bleu, des bannières indiquent « Gardez votre pénis à l’intérieur ».

De son côté, Carolina Falkhort en attendait plus de ses compatriotes, qu’elle espérait plus compréhensifs. « Certaines personnes sont positves par rapport à cette œuvre et la voient comme jouant un rôle important autour du débat sur la sexualité, le corps et le genre », explique l’entreprise. « D’autres en revanche, particulièrement les voisins, ont moins bien réagit, et le vivent comme quelque chose d’offensant ». Si l’art est à la contestation, l’heure est à l’indignement dans les rues de Kungsholmen.

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