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Quand sept Belges sur dix découvrent que l’avortement est toujours inscrit dans le code pénal

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Société

Un sondage mené à la demande du Centre d’action laïque nous apprend que l’IVG reste un délit inscrit dans le code pénal. Et que sept Belges sur dix n’en savent rien.

L’avortement surgit régulièrement dans l’actualité, au rythme des modifications des législations sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en Europe, où le droit à l’IVG est, de manière générale, plutôt la règle que l’exception. Reconnu dans 40 des 47 États membres du Conseil de l’Europe, le droit à l’avortement régresse néanmoins depuis quelques années.

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En décembre 2017, le Conseil de l’Europe publiait un rapport sur le recul des droits des femmes en matière d’accès à la contraception et à l’IVG, épinglant plusieurs pays au passage. Parmi eux : l’Arménie, la Géorgie, la Macédoine, la Slovaquie, la Pologne. D’autres juridictions, comme en Pologne, Irlande du Nord, Irlande, à Andorre, au Liechtenstein, à Malte, Monaco et San Marin, étaient également visées pour leurs législations restrictives. Dans certains cas, des peines de prison (jusqu’à la perpétuité en Irlande du Nord) sont prévues pour les femmes qui ne respectent pas la loi. Ce n’est pas tout : même là où l’avortement est autorisé, les obstacles auxquels les femmes font face sont nombreux. Ainsi, en Italie, sept professionnels de la santé sur dix refusent d’autoriser un avortement, invoquant une « clause de conscience ». En Turquie, une femme mariée doit obtenir le consentement de son époux pour mettre un terme à sa grossesse.

Pour une dépénalisation totale de l’avortement

En Belgique, ce genre de législation étonne l’opinion publique. La question de la dépénnalisation de l’avortement, qui reste malgré tout sensible, fait surface par-ci par-là. Selon un sondage mené à la demande du Centre d’action laïque (CAL), publié ce mardi, sept Belges sur dix ignorent que l’avortement reste un délit inscrit dans le code pénal. L’IVG a été partiellement dépénalisée en 1990 : les sanctions prévues par la loi ne sont donc appliquées que si toute une série de conditions ne sont pas respectées. L’avortement doit intervenir maximum 12 semaines après la conception; un délai de réflexion de six jours incompressible entre le premier rendez-vous et l’intervention doit être respecté; la femme doit être informée des possibilités d’adoption de son foetus et des risques médicaux de l’IVG; et la situation de détresse de la femme doit être attestée par le médecin.

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Ce sondage (mené par Kantar TNS auprès de 1.001 personnes) a été réalisé dans le cadre de la campagne du CAL pour la dépénalisation totale de l’avortement, lancée en 2016. En effet, le Centre s’est aperçu que les Belges étaient souvent surpris d’apprendre que l’IVG était toujours inscrite au code pénal. Il a dès lors commandé un sondage qui a confirmé ses impressions : 70,6 % des Belges sondés ignorent que cet acte reste un délit pénal. Les plus jeunes (18-24) semblent moins au courant (79 % ignorent qu’il s’agit d’un délit) que les sondés âgés de plus de 65 ans (62 %). Une fois informés, 75,4 % se positionnent en faveur d’une dépénalisation totale de l’intervention. Ceux qui savaient que l’IVG était inscrit au code pénal s’avèrent moins favorables à sa sortie (63,6%) que ceux qui l’ignoraient (81%).

(Avec Belga)

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