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"Fils à maman" : Quand l'armée belge devient la risée de la presse anglo-saxonne

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"C'est ainsi qu'on obtient une défense de rien du tout". | © BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR

Société

Alors que la Défense envisage de mettre fin au cantonnement obligatoire en caserne durant la formation militaire, la presse britannique et américaine critique vivement ce projet et traite les jeunes militaires belges de "fils à maman". 

Bientôt la fin du cantonnement obligatoire en caserne ? C'est ce qu'envisage en tout cas la Défense vu les nombreux départs anticipés lors de la formation militaire. Les raisons principales ? Le manque de la famille et des amis ainsi que l'insuffisance de temps libre. Face au vieillissement de l'armée, la Défense veut s'adapter : « L’armée veut inclure davantage de soirées libres lors desquelles la recrue peut quitter la caserne. Les jeunes sont actuellement encore attendus le dimanche soir ou le lundi matin au plus tard devant la porte de la caserne et ne peuvent la quitter avant le vendredi », expliquait Alex Claesen, officier de presse de la Défense, au Het Nieuwsblad jeudi 12 avril. « Nous cherchons également à prolonger le temps libre du week-end en concentrant davantage les moments des leçons. L’armée étudie même si le régime d’internat peut être assoupli ou même levé ».

On ne part pas en guerre avec des hommes à qui leur maman manque.

Si le projet de la Défense pourrait ravir les futurs militaires, cette nouvelle provoque plutôt des moqueries au-delà de l'Atlantique et de la Manche. "Les cadets belges sont des fils à maman », publie le quotidien britannique The Telegraph. Du côté américain, le New York Times titre ironiquement "Join the Army and Sleep at Home" ("Rejoignez l'armée et dormez à la maison »).

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Interrogé par The Guardian, l'ancien paracommando néerlandais Danny Lams ne mâche pas ses mots pour critiquer le projet militaire. "C'est ainsi qu'on obtient une défense de rien du tout, une armée sur laquelle on ne peut pas compter. On ne part pas en guerre avec des hommes à qui leur maman manque », dit-il avant de poursuivre : "Nous dormions sur le sol froid sous une bâche qui prenait l'eau. Nous voulions servir notre pays. Si vous laissez les recrues rentrer la semaine, les militaires demanderont bientôt un mobile home quand ils seront envoyés au front », ajoute le président d'une association de vétérans, quelque peu ironique.

La vie à la caserne n'est pas la cause des départs

Dans le journal new-yorkais, Roger Housen, un colonel belge à la retraite, compare l'armée à Dad's Army, une série britannique sur un groupe de volontaires trop vieux pour rejoindre le service militaire. Selon lui, c'est davantage les économies dans l'armée, que le manque de la vie civile, qui incite les jeunes recrues à quitter leur formation. "Les soldats ne disposent ni de l'équipement adapté ni de la bonne infrastructure d'entraînement. Cela entraîne des déceptions », déclare-t-il avant d'ajouter : "À vrai dire, ils ne peuvent faire ce qu'ils veulent, et ce pour quoi ils ont rejoint les forces armées ».

Face à ce bashing international, la Défense, contactée par Het Laatste Nieuws, réagit : "le projet est à l'étude ». Elle précise toutefois que la décision finale n'a pas encore été prise. "Dès qu'il y aura plus de certitude, nous ne manquerons pas d'en parler », conclut-elle.

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