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La "grossophobie", (enfin) une réalité pour le Petit Robert

Image d'illustration | © Pexels

Société

"C'est peut être un détail pour vous », mais pour eux ça veut dire beaucoup : le mot "grossophobie » vient de faire son entrée dans le dictionnaire, accompagné d'autres "nouveaux" termes symboliques de nos débats contemporains.

Il est des violences qu'on tarde à nommer, délibérément ou non, parce qu'elles défient par trop la norme ou parce qu'elles nous confortent dans une certaine position. Et la "grossophobie » en fait partie. Longtemps, ce terme qui désigne les discriminations envers les personnes grosses, n'a fait partie que du lexique militant. Aujourd'hui, son entrée dans le dictionnaire Le Petit Robert 2019 est une victoire pour ses victimes et ses combattants.

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En francophonie, le mot "grossophobie » a été introduit dans les années 90 par Anne Zamberlan, une actrice française notamment égérie des magasins Virgin Megastore en son temps. Mais il aura fallu attendre la journaliste Gabrielle Deydier et son livre On ne nait pas grosse pour que le mot fasse réellement le tour des plateaux de télévision : son ouvrage est une claque pour quiconque a subi les diktats du corps, gros ou non. Depuis lors, un nouveau coup de projecteur est jeté sur la cause, et notamment ses plus ardents militants, le collectif français "Gras politique ».

"Écriture inclusive », "antisystème »

Pas étonnant dès lors que ce groupuscule de visibilisation et de dénonciation de la grossophobie se soit réjoui de l'annonce, ce lundi matin, de l'entrée du terme dans le nouveau Petit Robert et son pendant illustré. L'une des meneuses de l'action a salué "l'avancée » sur Twitter.

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Toutes aussi politiques, les expressions "violences faites aux femmes » et "écriture inclusive » ont également fait leur entrée dans le dictionnaire, de même que les substantifs "marcheur » et "insoumis », désormais adjoints d'un nouveau sens, et les mots "antisystème" et dégagisme", qui dénonce le « rejet de la classe politique en place ».

 

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