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Un Américain invente de la colle pour retenir les règles des femmes

La dernière campagne de la marque Monki. | © Monki

Société

Cela a tout l’air d’un (mauvais) canular, et pourtant, l’histoire est (malheureusement) sérieuse. Aux États-Unis, un homme vante les mérites d’une colle qui permettrait aux femmes de bloquer la perte de sang durant leurs règles.

 

Daniel Dopps, un chiropracteur américain qui vit à Wichita au Kansas, a décidé de mettre au point une glue très particulière : Mensez (abréviation de « menses », menstruations en anglais) est un rouge à « lèvres » collant destiné à empêcher le sang menstruel de couler. Il permettrait aux femmes de se passer de tampons, de serviettes hygiéniques ou encore de coupes menstruelles : « Il s’agit d’une nouvelle approche naturelle de l’hygiène féminine. Appliqué sur les petites lèvres, le Mensez Lipstick crée un sceau qui résiste au sang et à la transpiration mais qui se défait instantanément avec l’urine, retenant les fluides menstruels à l’intérieur du vagin jusqu’à ce que la personne urine. Lorsqu’elle urine, le sceau se défait et permet à l’urine ainsi qu’aux fluides menstruels d’être évacués dans les toilettes. Il faut y penser comme un apprentissage des règles, plus sain, plus sûr et plus propre, car comportant moins de risques d’infection », explique Dopps sur sa page LinkedIn. Il a même déposé un brevet le 10 janvier 2017.

Et pourtant, difficile de croire au sérieux d’un homme qui conseille aux femmes de se « coller » les petites lèvres sans que cela génère des risques d’infection et de brûlure, et qui ne connaît même pas la différence entre un urètre et un vagin.

Oui, je suis un homme, mais vous, les femmes, auriez dû trouver de meilleures solutions que des couches ou des bouchons. Mais vous ne l’avez pas fait.

En effet, interrogé par le magazine Forbes interpellé par cette « invention », Daniel Dopps semble avoir une connaissance limitée de l’anatomie féminine puisqu’il confond l’urètre (d’où sort l’urine) et le vagin (d’où sort le sang des règles) : « C’est beaucoup plus logique que d’introduire un bouchon. Comme pour les tampons, nous bouchons l’accès à la vessie ». Quant aux critiques des internautes sur les réseaux sociaux qui qualifient le chiropracteur de misogyne et qui ne devrait même pas avoir le droit de produire ou de vendre des produits pour l’hygiène féminine qu’il ne comprend pas, il répond : « Oui, je suis un homme, mais vous, les femmes, auriez dû trouver de meilleures solutions que des couches ou des bouchons. Mais vous ne l’avez pas fait. La raison pour laquelle les femmes se montrent distraites 25% du temps est leurs règles qui les rendent beaucoup moins productives qu’elles ne devraient l’être. Les femmes ont tendance à être bien plus créatives que les hommes, mais leurs règles étouffent [leur créativité] et embrouillent leur esprit ».

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« Je ne suis pas sexiste, ma réceptionniste est lesbienne »

Daniel Dopps va encore plus loin quand la journaliste de Forbes l’accuse de sexisme: « Je ne suis pas sexiste, ma réceptionniste est lesbienne ». Ce à quoi il ajoute : « la communauté LGBT, les lesbiennes en particulier, sont furieux après moi car je suis un homme blanc hétéro ». Face à la polémique déclenchée face à un tel produit et à de tels propos, le chiropracteur a insisté sur le fait que son concept avait été « mal compris » et qu’il apportait « de larges répercussions sociales pour les femmes ». Cette invention a en tout cas eu l’avantage d’ouvrir le débat autour des règles, trop souvent encore taboues aujourd’hui. Quant à une possible commercialisation de ce stick à lèvres, il faudrait d’abord qu’il soit approuvé par la FDA (Food and Drug Administration, l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments) avant d’être cliniquement testé, puis financé par des entreprises qui souhaiteraient le développer pour le commercialiser.

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