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Critical Mass : 20 ans de critique bienvenue de la mobilité

Un millier de personnes sont attendues pour l'anniversaire. | © Unsplash/Alejandro Lopez

Société

Des centaines de cyclistes sont attendus ces vendredi et samedi à Bruxelles pour célébrer les 20 ans de la « Masse critique » dans la capitale. Cette manifestation à vélo, née à San Francisco dans les années 90 et organisée depuis lors dans plus de 300 villes à travers le monde, a un objectif : réclamer plus de place pour le deux-roues dans l’espace public.

À Bruxelles, chaque dernier vendredi du mois, un peloton de cyclistes arpente les rues de la capitale afin de promouvoir une autre approche de la mobilité et l’utilisation du vélo en ville. Ce sont les participants de la « Masse Critique » – « Critical Mass » pour les puristes. Cette balade, organisée par des bénévoles, a lieu simultanément aux quatre coins du monde. Il y a vingt ans, « il n’y avait quasi aucune infrastructure cyclable à Bruxelles. Le mouvement est né de la volonté d’une poignée d’aventuriers réunis au sein du collectif PlaceOvélo de s’imposer dans le trafic », raconte Malte Arhelger, bénévole et participant régulier à la masse critique. « À l’époque, ils n’étaient pas plus d’une dizaine », ajoute-t-il.

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Vingt ans plus tard, le contexte a changé. L’avènement de communautés cyclistes sur les réseaux sociaux, l’exaspération face aux embouteillages et la plus forte conscientisation environnementale ont contribué à attirer de nouveaux adeptes. « Ces dernières années, la participation a connu une belle progression. En deux ans, nous sommes passés d’une moyenne de 70 cyclistes à plus de 200 chaque dernier vendredi du mois », se réjouit l’un des précurseurs du mouvement à Bruxelles, Stéphane Smets, alias Max Kritic.

©EPA/LASZLO BELICZAY HUNGARY OUT – Une « critical mass » à Budapest, en 2011.

« L’objectif reste de faire changer les mentalités, non seulement des usagers de la route en leur faisant comprendre que le vélo est le moyen de transport le plus rapide et le plus économique, mais aussi des autorités politiques », ajoute-t-il. « Même si l’on note une évolution positive, l’infrastructure est encore loin d’inciter le plus grand nombre à se mettre en selle », renchérit Malte Arhelger. Le premier frein, « c’est la crainte des voitures ».

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Vendredi, les cyclistes bruxellois commémoreront les 20 ans de la toute première Masse critique de la capitale. Le peloton partira de la Porte de Namur à 18 heures pour une échappée nocturne, avant un deuxième rassemblement samedi au Parc du Cinquantenaire, où les membres des Masses critiques de Liège, Gand et Anvers, notamment, sont également invités. « Nous espérons être un millier dans les rues de Bruxelles », conclut Stéphane Smets.

Avec Belga

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