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#HomeToVote : Ces Irlandaises qui sont rentrées chez elles pour voter

Une Irlandaise sortant d'un bureau de vote, après avoir voté. | © AFP PHOTO / Barry CRONIN

Société

De nombreuses Irlandaises ont raconté sur les réseaux sociaux leur retour « à la maison » pour voter pour le droit à l’avortement.

 

Cela fait des mois qu’elles préparaient « leur coup » : être là, quoi qu’il arrive, pour faire enfin entrer le droit à l’avortement dans la constitution de leur pays natal. Pas de procuration qui tienne pour ces Irlandaises expatriées, il fallait être là – quoi qu’il advienne. Pas étonnant dès lors que le référendum national pour supprimer le huitième amendement – qiu pénalise toujours l’avortement, sauf si la grossesse représente un danger pour la vie de la mère – ait été criblé de hashtags « Home to vote » : à la maison pour voter.

Leur mobilisation est notamment le fruit d’une campagne menée depuis des mois, pour faire revenir ces envolées au pays. Le hashtag est leur cri de raliement, mais a aussi permis à celles qui ont décidé de faire le voyage de partager leur retour au pays, photo ou récit à l’appui. Orlita Maginez a par exemple pris deux avions de São Paulo pour venir voter à Gaillimh, une ville du comté de Galway. Mark O’ Brien, lui, proposait un covoiturage pour le bureau de vote le plus proche, à peine débarqué de son vol.

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À Bruxelles hier, un joli cortège pro-choice prenait l’avion pour revendiquer le droit des femmes à l’avortement.

La mobilisation a ému de nombreux observateurs, dont ceux qui saluaient ce déplacement massif « pour ceux qui n’avaient pas l’opportunité de le faire », pouvait-on lire sur une pancarte à l’aéroport de Dublin.

Ceux qui disent « non »

Il est néanmoins plus que probable que certains aient également fait le trajet pour sauvegarder leur huitième amendement, même s’ils semblent s’en être moins vantés sur les réseaux sociaux. Plus logiquement, ceux-ci ont dû rester dans leur pays d’adoption, en espérant que leur absence brille dans les résultats.

D’autant que même en cas de « oui » au référendum, les Irlandais ne sont pas certains de ce qu’il adviendra de la constitution. « L’une des raisons pour lesquelles j’ai du mal à voter ‘oui’, c’est que je ne sais pas vraiment pour quoi nous votons (…) Nous votons pour supprimer le huitième amendement bien sûr, mais cela ne fait qu’ouvrir une brèche législative pour autoriser l’avortement. On n’a pas plus de détails, pas de libellé. En fait, ils pourraient adopter une législation pour l’avortement qui continuerait d’être anti-constitutionnelle même une fois le huitième amendement abrogé », expliquait ainsi un indécis au micro du Huffington Post.

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