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Mawda : Le policier se confie sur les raisons qui l’ont amené à tirer

Selon son avocat, ce n'est qu'après avoir tiré que le policier a appris la présence de plusieurs migrants à l'intérieur de la camionnette... et que sa balle avait touché une enfant. | © Illustration picture shows the funeral of Mawda Shawri, in Brussels, Wednesday 30 May 2018. Two-year old Mawda died in the night of May 16 and 17 during a police pursuit in Maizieres, near Mons. She was hit by a police bullet while she was in a van with illegal immigrants. A funeral procession is organised from the welcome center 'La Porte d'Ulysse' in Haren to the Schaerbeek Cemetery. BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Société

Dans un courrier adressé à la presse, l’avocat Laurent Kennes revient sur les tragiques événements du 17 mai dernier et évoque les raisons derrière le coup de feu qui a causé la mort de la petite Mawda.

 

« En aucun cas, il n’essaie de justifier son acte. » L’avocat du policier qui a tiré sur la petite Mawda annonce la couleur. Dans un courrier envoyé à nos confrères de La Libre, Laurent Kennes – avocat spécialisé en droit pénal général et droit pénal des affaires – livre la version des faits de son client : V., policier depuis environ dix ans.

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« À aucun moment il n’a tiré ni pour tuer, ni pour blesser »

« Anéanti ». C’est le mot qui décrit l’état dans lequel se trouve V. près de 15 jours après l’accident. Sans avoir les mots suffisants pour exprimer ses regrets à l’intention de la famille de Mawda, « il ne sait comment réagir, tout simplement parce qu’il est impossible de bien réagir. Il tient en tout cas à le faire dans le respect des victimes et des migrants et avec humanité », écrit son avocat dans une lettre qui revient sur les événements tragiques survenus le 17 mai dernier dans la région de Mons. Afin d’expliquer les raisons derrière le tir mortel.

C’est la première fois qu’il était confronté à une telle situation et qu’il a fait usage de son arme.

Tandis qu’il évoque la course-poursuite entre la camionnette – transportant 26 personnes – et les policiers, Laurent Kennes affirme que son client ignorait que des migrants étaient à l’intérieur. « Rien ne lui a laissé penser que plusieurs personnes étaient réfugiées dans cette camionnette destinée au transport de marchandises et non de personnes. » Dans l’espoir d’arrêter le véhicule fou, « V. a alors pris la décision de tirer dans le pneu avant gauche », poursuit-il. « À aucun moment celui-ci n’a tiré ni pour tuer, ni pour blesser. » 

Tristesse et compassion

Selon son avocat, ce n’est que par la suite que V. a appris la présence de plusieurs migrants à l’intérieur de la camionnette… et que sa balle avait touché une enfant. « Au-delà du décès de Mawda, il est épouvantable que 28 personnes se soient entassées dans une camionnette de transport de marchandises et aient été mises en danger dans le cadre d’une course-poursuite. La misère qui pousse ces personnes à vivre de telles situations ne peut qu’inspirer tristesse et compassion. C’est ce qu’a toujours ressenti cet homme, et c’est plus encore ce qu’il ressent aujourd’hui », ajoute l’avocat, précisant que son client entend collaborer pleinement à l’enquête.

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Par ailleurs, Laurent Kennes souligne que son client « ne s’associe en rien à tout propos stigmatisant les migrants comme délinquants ». Des propos rappelant un certain Bart De Wever. « Il a lui-même, malgré sa situation délicate, été profondément heurté que la responsabilité des parents soit envisagée dans un tel contexte. »

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