Balancetonsite, une plateforme pour protéger les enfants des sites malveillants

Balancetonsite, une plateforme pour protéger les enfants des sites malveillants

42% des parents affirment que leurs enfants ont été exposés à des images à caractère violent et pornographique. | © Unsplash/Annie Spratt

Société

La plateforme « Balancetonsite » permet à tout internaute de signaler un site dont le contenu est inapproprié et pourrait être visionné par des enfants.

Pornographie, escroquerie, jeux addictifs, harcèlement… Internet, malgré ses avantages, comporte de nombreux contenus dangereux et inappropriés, surtout pour les enfants. Pour dénoncer mieux les protéger, l’association Ennocence a créé Balancetonsite, la première plateforme de signalement de contenus sur Internet, principalement destinée aux parents. La première exposition se fait en moyenne à l’âge de 10 ans et les conséquences « peuvent être dramatiques chez certains enfants dans la construction de leur sexualité, comme de leur rapport aux autres », regrette l’association dans un communiqué, cité par L’Obs. Le site permet donc aux parents et « à tout internaute » de signaler tout type de contenu « de manière totalement anonyme ».

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La démarche est simple : si un internaute repère, sur un site grand public, du contenu inapproprié, il lui suffit d’entrer l’url de la publicité et celui du site où elle est apparue, en sélectionnant ensuite le type de publicités à laquelle un enfant pourrait être exposé :« pornographies », « jeux addictifs » ou « autres ». Il est également possible de joindre une capture d’écran aux liens considérés comme inappropriés.

Projet politique

Selon un sondage d’Ennocence publié en novembre 2016, 55% des parents estiment que leurs enfants utilisent des sites malveillants et « 42% affirment que leurs enfants ont été exposés à des images à caractère violent et pornographique ». Une exposition, qui résulte, dans la majeure partie du temps, d’une activité sur un site de streaming ou de téléchargement illégal. 79% d’entre eux considèrent alors que « l’exposition à la pornographie sur les platesformes illégales n’est pas suffisamment abordée par les hommes et femmes politiques ».

Unsplash/Ludovic Toinel

Face à ce constat, la ministre française de la Culture a récemment abordé le sujet. Françoise Nyssen a annoncé en avril dernier qu’elle souhaitait établir une liste noire des sites de streaming illégaux, qui permettrait de les faire disparaître en bloquant leur accès ou en supprimant leur référencement. Ce nouveau protail permet ainsi de « mettre en pratique le projet du gouvernement », affirme Ennocence, qui mettra à disposition du ministère ses listes de sites et contenus signalés.

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Ce projet vise à mettre un terme à « la passivité des acteurs du web, qui refusent la plupart du temps de déréférencer ou bloquer l’accès aux sites ». L’association indique également avoir engagé de « premières actions en justice » contre « les sites de streaming et de téléchargement illégaux détectés », dont certaines ont déjà « porté leurs fruits ». Mais « il faut permettre à la justice de se doter de moyens significativement plus puissants pour éradiquer ce fléau de manière efficace », plaide-t-elle à l’AFP, demandant notamment au gouvernement de « compléter la loi pour que le ministère public soit officiellement chargé des poursuites contre les sites exposant à des contenus dangereux ».

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