Face au cancer du sein, la plupart des femmes pourraient éviter la chimiothérapie

Face au cancer du sein, la plupart des femmes pourraient éviter la chimiothérapie

Image d'illustration. | © Pexels/Rodolfo Clix

Société

Présentées lors de la grande conférence annuelle sur le cancer à Chicago (ASCO), plusieurs études s’apprêtent à bouleverser la façon dont les cancers sont soignés, notamment ceux du sein et du poumon.

 

Considérée depuis des années comme le traitement absolu contre le cancer, la chimiothérapie pourrait bien se faire voler la vedette par des alternatives plus efficaces. C’est ce que révèlent plusieurs études publiées ce dimanche 3 juin, démontrant que la chimiothérapie (et ses terribles effets secondaires) peut être évitée dans de nombreux cas.

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Une avancée majeure qui concerne notamment les cancers du sein et du poumon. Comme le montrent les études présentées à la grande conférence annuelle sur le cancer à Chicago (ASCO), jusqu’à 70% des femmes victimes d’un cancer du sein peuvent éviter la chimiothérapie, en fonction des résultats d’un test génétique existant, et se contenter des médicaments hormonaux habituellement prescrits après une opération pour retirer la tumeur, rapporte l’AFP. Selon une étude internationale conduite auprès de 10 000 femmes, le niveau justifiant le recours à la chimiothérapie pourrait être relevé sans risque.

Faire reculer les thérapies toxiques

Jusqu’à présent, sur base du test génétique réalisé sur la tumeur visant à prédire la probabilité de récidive, les femmes obtenant un score entre 25 et 100 devaient avoir recours à la chimiothérapie. Cette dernière n’étant pas conseillée en-dessus de 11. Mais pour les femmes se situant dans la zone grise entre 11 et 25, le dilemme était de mise. Grâce à ces nouvelles recherches, on sait désormais que pour ces femmes, après neuf ans de suivi, la chimiothérapie n’apporte rien. Cela « aura un impact énorme sur les médecins et les patients », dit une coauteure de l’étude, Kathy Albain, cancérologue à l’hôpital Loyola Medicine de Chicago. « Nous allons faire reculer les thérapies toxiques ». Et comme le précise l’AFP, au moins 65 000 femmes (rien qu’aux États-Unis) pourraient en profiter par an.

Image d’illustration. © Pexels / Drew Hays

La révolution de l’immunothérapie

Quant au poumon, les patients verront bientôt leur tumeur analysée génétiquement, apprend-t-on également. Dans le cas où des mutations sont détectées, un médicament capable de cibler spécifiquement la tumeur pourra être prescrit. Autrement, le patient pourra avoir recours à l’immunothérapie ; un traitement d’un nouveau type qui offre un espoir immense. Notamment le pembrolizumab, ou Keytruda ; un traitement qui se prend par voie intraveineuse et qui semblerait plus efficace que la chimiothérapie, selon une étude présentée au ASCO. Les patients soignés d’abord par le pembrolizumab ont vécu quatre à huit mois de plus que ceux qui n’ont reçu que de la chimiothérapie, d’autant qu’ils ont été moins nombreux à subir des effets secondaires graves (18% contre 41%), relève-t-on. « Notre étude montre que le pembrolizumab est meilleur que la chimiothérapie pour deux tiers des gens qui ont le type de cancer de poumon le plus fréquent », a déclaré l’auteur principal de l’essai, le cancérologue Gilberto Lopes, du centre hospitalier universitaire de Miami.

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Si malgré ces avancées majeures, les chercheurs n’évoquent pas encore la disparition totale de la chimiothérapie, l’espoir de pouvoir progressivement s’en passer (et éviter les maux liés à sa toxicité tels que les nausées ou la perte de cheveux) grandit. Car comme s’en est réjoui l’un d’entre eux, « nous sommes en train de quitter l’ère où la seule solution (…) était la chimiothérapie ». De quoi bouleverser la manière dont les cancers ont été soignés jusqu’à présent.

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