Les robots sexuels ne vont pas sauver l’humanité, bien au contraire

Les robots sexuels ne vont pas sauver l’humanité, bien au contraire

C’est une réalité, les robots sexuels sont souvent vantés pour leurs bienfaits... | © Flickr

Société

Une nouvelle étude se penche sur les soi-disant bienfaits pour la santé des poupées sexuelles boostées par l’intelligence artificielle.

Harmony se souvient des anniversaires, peut citer du Shakespeare à la volée et a des courbes à faire pâlir n’importe quelle instagrammeuse. Harmony est surtout faite de silicone et de puces électroniques, et est l’un des robots sexuels les plus chers du monde (elle coûte 15 000 dollars). Néanmoins, c’est « une compagne parfaite », avance Realbotix, son créateur.

C’est une réalité, les robots sexuels sont souvent vantés pour leurs bienfaits. Avec leurs orifices de plus en plus réalistes et leurs seins interchangeables, ils offriraient du réconfort aux marginaux, ils aideraient à combattre la prostitution, voire à enrayer la pédophilie. Une nouvelle étude publiée dans BMJ Sexual and Reproductive Health s’est penchée sur la réalité scientifique de ces affirmations.

Intelligence artificielle, frustration réelle 

Selon le Dr Susan Bewley, co-auteure de la recherche, il n’en est rien. « Rien ne prouve que les ‘besoins’ intimes seront comblés : la détresse pourrait même empirer. Alors qu’un humain peut véritablement désirer un robot sexuel, la réciprocité ne peut être reproduite que de façon artificielle », explique cette professeure du Kings College de Londres. Cet écart émotionnel génère donc de la frustration plus qu’autre chose.

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Quand les sexbots alimentent la culture du viol 

Surtout, leur utilisation alimenterait des comportements à risque. L’étude pointe notamment du doigt la production d’enfants robotisés à destination des pédophiles. Selon les chercheurs, ils contribueraient à la normalisation d’agressions sexuelles envers les mineurs, les rendant plus vulnérables que jamais. De plus, le sexe sans consentement validerait une certaine culture du viol. « Il y a une responsabilité sociale afin de protéger le public de tout danger, à moins que d’autres recherches prouvent qu’il n’existe aucun risque », conclut l’étude.

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Ces conclusions quelque peu alarmantes parviendront-elles à freiner l’essor d’une industrie qui pèserait déjà 30 milliards de dollars ? On en vient à le souhaiter.

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