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La maladie de la malbouffe a un nom : elle s’appelle NASH

Image d'illustration. | © Super Size Me, Morgan Spurlock / DR

Société

À l’occasion de la toute première journée mondiale dédiée à la NASH (Stéatohépatite Non-Alcoolique), plus d’une centaine d’experts internationaux se sont mobilisés pour sensibiliser le grand public à une maladie potentiellement mortelle mais silencieuse : celle de la malbouffe.

 

On avait déjà entendu parler d’elle sous le nom de « maladie du soda » ou « maladie du foie gras ». Son vrai nom, c’est « NASH » (acronyme anglophone de Non-Alcoholic Steatohepatitis). Longtemps sous-estimée, cette inflammation du foie baptisée « stéatohépatite non-alcoolique » fait de plus en plus parler d’elle, au point d’inaugurer ce mardi 12 juin sa toute première journée internationale.

À l’occasion de cet événement inédit, 150 experts internationaux se sont mobilisés pour sensibiliser le grand public sur une maladie potentiellement mortelle mais silencieuse. L’objectif : alerter sur les ravages de la malbouffe et de la sédentarité sur le foie afin de « stopper l’épidémie » pour de bon.

La vie moderne, un poison pour le foie

Favorisée par nos modes de vie moderne, la stéatose hépatique non alcoolique est de plus en plus répandue et les spécialistes sont formels : elle pourrait devenir « la prochaine épidémie mondiale ». Assaillis par les fast food, les plats préparés et autres boissons sucrées, « des millions de foies souffrent en silence », avertit le NASH Education Program. En cause : le surpoids, l’obésité ou encore le diabète. Mais aussi la sédentarité de nos vies d’aujourd’hui. Surchargé de graisse et de sucre, gisant sur la chaise de bureau ou sur le canapé, le foie – organe au rôle crucial dans l’organisme – se détériore et les conséquences sont souvent plus graves qu’on ne le croit.

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Aux États-Unis, on estime à 12% le pourcentage de la population adulte touchée par la maladie et en Europe, de 3 à 5%. En plus d’augmenter les risques de cirrhose, de cancer du foie ou de maladies cardiovasculaires, la Nash pourrait devenir la première cause de greffe du foie d’ici 2020. Et si la maladie continue de se répandre incognito, c’est parce qu’elle ne présente aucun symptôme, du moins avant ses stades avancés. Dès lors, soulignent les experts et les patients concernés, la maladie – difficile à diagnostiquer – est souvent découverte par hasard. Or, « on ne peut plus laisser la majorité des patients découvrir la maladie(…) quand il est trop tard pour la soigner. Lorsque le foie se détruit, il le fait sans douleur et en silence. Informer et appeler à la vigilance peut donc sauver des vies », écrivait Dominique Lannes dans son ouvrage NASH, La maladie de la malbouffe.

Un traitement en approche

À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement pour guérir de la NASH. Mais son développement est en marche et « les résultats des premières études cliniques sont très encourageants », souligne le professeur Nicolas Lanthier, spécialisé en hépato-gastro-entérologie à l’UCL. « Un traitement est nécessaire car on ne peut pas guérir de cette maladie juste en changeant son mode de vie et d’alimentation », précise-t-il.

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Parce qu’elle touche de plus en plus de personnes, « il est temps de parler de la Nash », affiche l’un des slogans de la 1st International Nash Day. À l’occasion de cette journée de mobilisation, experts médicaux nationaux et locaux, représentants des communautés locales, et autres acteurs se réuniront ce mardi 12 juin dans plusieurs villes des États-Unis, d’Europe et d’ailleurs. En Belgique, plusieurs activités seront organisées à Bruxelles (aux cliniques universitaires Saint-Luc) ainsi qu’à l’hôpital universitaire d’Anvers. Les deux établissements organiseront également un dépistage non invasif gratuit de la maladie pour les personnes à risque (personnes souffrant de diabète, surpoids, syndrome métabolique et tests hépatiques perturbés) ou toute personne qui le souhaite.

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