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Les attaques anti-migrants explosent en Allemagne

Angela Merkel avait été très positive quand à l'accueil des réfugiés. Une position qui lui a porté préjudice. | © Belga

Société

Les plaintes de migrants pour violences s’élèvent à dix par jour, en Allemagne. Des chiffres en forte hausse dans un pays dont le nombre d’arrivées de réfugiés a pourtant diminué.

L’Allemagne a enregistré l’an dernier quelque 3 500 attaques contre des réfugiés et demandeurs d’asile, soit près de dix actes de ce type par jour, selon des données du ministère de l’Intérieur. Ces attaques ont fait au total 560 blessés dont 43 enfants, a précisé le ministère dans une réponse écrite à une question parlementaire, dont l’AFP a pris connaissance ce dimanche. Le gouvernement « condamne fermement » la violence, ajoute le texte. « Les personnes qui ont fui leur pays et demandent protection à l’Allemagne ont le droit d’espérer un abri sûr ».

Selon des statistiques de la police citées par le ministère dans sa réponse, 2 545 attaques ont visé l’an dernier des personnes réfugiées. 988 structures d’hébergement pour réfugiés et demandeurs d’asile ont été visées l’an dernier, y compris par des incendies criminels, ajoute le ministère. En 2014, il n’y avait eu que 199 cas.

©AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND

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Cette forte hausse intervient alors que l’Allemagne a accueilli quelque 890 000 demandeurs d’asile en 2015, au plus fort de la crise des réfugiés en Europe. L’afflux de demandeurs d’asile a mis sous pression Angela Merkel, à l’origine de l’accueil des migrants, et a profité au parti anti-immigration AfD. Le nombre d’arrivées a fortement diminué en 2016, avec 280 000 nouveaux demandeurs d’asile. Ce recul s’explique surtout par la fermeture de la « route des Balkans » et la signature d’un accord controversé entre l’Union européenne et la Turquie en mars 2016 dont la chancelière Angela Merkel a été la cheville ouvrière.

La violence se poursuit sur Twitter

L’atmosphère xénophobe se fait également ressentir sur les réseaux sociaux, où certains internautes ont violemment réagit à l’annonce d’un nouveau « chauffeur fou » à Heiderberg. Samedi, un homme à bord de son véhicule a foncé dans la foule, avant de sortir de sa voiture avec un couteau. Alors qu’un Allemand est décédé et qu’un Autrichien et une Bosienne ont été hospitalisés, le motif de l’attaque est encore inconnu – bien que la piste terroriste ne soit pas privilégiée. Ce qui n’empêche pas les twittos de lancer des rumeurs racistes sur la toile.

Fermeté, langage décomplexé, et même moquerie parfois : la police du Mannheim n’a pas hésité à voler dans les plumes des colporteurs de rumeurs, racistes le plus souvent. Morceaux choisis: « C’est un putain de musulman. Qu’on les foute hors d’occident« , éructe l’un d’eux. Réponse de la police: « WTF [abréviation de What The Fuck], mais de quoi parlez-vous? ».

Un autre anonyme croit détenir un scoop: « Urgent: selon des amis dans la police, l’auteur d’Heidelberg est un soi-disant réfugié« . Le tweet de la police tord directement le cou au canard: « Non, il ne l’est pas« . « Mais à quoi ressemble l’auteur ? », veut alors savoir un anonyme visiblement mécontent du démenti policier. « Dites toute la vérité ou fermez-la », insiste-t-il. « Avez-vous perdu vos bonnes manières ou vous n’en avez jamais eues ? Chaque chose en son temps, l’enquête se poursuit », taclent immédiatement les policiers. « Mais vous devriez savoir à quoi ressemble la personne dès le début de l’enquête #Heidelberg », insiste un autre impatient. « Mais qu’est-ce que l’apparence dit d’une personne ? », interroge alors avec justesse la police allemande.

Avec Belga

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