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En Hongrie, aider les migrants peut désormais conduire en prison

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Début juin, les membres des ONG appellait via un géant coeur les ministres hongrois à ne pas adopter l'ensemble législatif « Stop Soros ». | © AFP PHOTO / ATTILA KISBENEDEK

Société

Le Parlement hongrois a adopté mercredi un ensemble de lois rendant l’aide aux migrants passible de poursuites pénales. 

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban est décidément prêt à tout pour empêcher les migrants de franchir les frontières de son pays. Ce mercredi, le Parlement de Budapest a adopté à une très large majorité (160 pour, 18 contre) un ensemble de lois surnommé « Stop Soros » qui criminalise l’aide aux migrants. Cet ensemble législatif rend, entre autres, passibles d’un an de prison les militants apportant une assistance à toute personne entrée illégalement en Hongrie depuis un pays n’appartenant pas à l’espace Schengen, sauf si la vie de l’intéressé est menacée par un danger immédiat. Cette décision s’applique tant aux particuliers qu’aux ONG.

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Considérées par le gouvernement hongrois comme les « organisateurs de l’immigration illégale », ces dernières sont au cœur du programme « Stop Soros » qui fait référence au milliardaire américain d’origine hongroise George Soros, accusé par Viktor Orban d’orchestrer une « immigration de masse » vers l’Union Européenne. Cet ensemble législatif avait été annoncé et promis par le Premier ministre hongrois au mois de février, avant sa réélection en avril pour un troisième mandat consécutif.

Les responsables des organisations non-gouvernementales pourront désormais se voir aussi notifier une interdiction de s’approcher à moins de huit kilomètres de la frontière extérieure Schengen, précise Le Monde. La veille, le Parlement avait déjà voté la création d’une taxe de 25 % sur les ONG soupçonnées de venir en aide aux migrants.

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Défense de la culture chrétienne

Le Parlement hongrois a également approuvé mercredi un amendement constitutionnel qui stipule qu’aucune instance ne peut porter atteinte à la « composition de la population » hongroise. En d’autres termes, l’objectif de cette modification était de rendre inconstitutionnelle l’imposition de quotas de réfugiés par l’UE. La Constitution hongroise fait désormais de « la défense de la culture chrétienne » une obligation pour toutes les institutions de l’État, rapporte Le Parisien.

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Viktor Orban © AFP PHOTO / FERENC ISZA

« Cela nous ramène à une époque de peur »

« Le fait de criminaliser un travail essentiel et légitime de défense des droits de l’Homme constitue une attaque éhontée contre des gens recherchant à se mettre à l’abri des persécutions et contre ceux effectuant un travail admirable pour leur venir en aide », a estimé Amnesty international, cité par Le Parisien.

Selon Marta Pardavi, de l’ONG Helsinki Committee, citée par Le Monde, « c’est un nouveau chapitre dans les tentatives du gouvernement pour réduire à néant l’indépendance de la société civile et limiter l’Etat de droit. (…) Cela nous ramène à une époque de peur jamais vue depuis la chute de la dictature communiste ».

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