Paris Match Belgique

Comment les drogues psychédéliques pourraient soigner des maladies mentales

drogues las vegas parano

Benicio del Toro et Johnny Depp dans "Las Vegas Parano", film culte sur les psychotropes et leurs effets. | © Summit Entertainment / "Fear and Loathing in Las Vegas", Terry Gilliam.

Société

Une équipe de chercheurs britanniques de l'Imperial College de Londres s’apprête à lancer le premier essai clinique testant l'effet des hallucinogènes sur la dépression et l'anxiété.

Les drogues psychédéliques comme le LSD, les champignons hallucinogènes ou la MDMA sont la plupart du temps associées au monde de la nuit et au mouvement hippie. Ses consommateurs sont à la recherche du trip parfait, il veulent s'évader du quotidien et vivre une expérience multi-sensorielle. Pourtant, ces drogues considérées comme dangereuses pourraient bien remplacer un jour les traitements classiques des problèmes de santé mentale.

Lire aussi > MDMA contre l'angoisse et kétamine contre la dépression, les drogues s'invitent en pharmacie

Une équipe de chercheurs britanniques de l'Imperial College de Londres s’apprête à lancer le premier essai clinique cherchant à déterminer si les drogues hallucinogènes sont plus efficaces que les inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine (ISRS), couramment prescrits par les médecins pour traiter la dépression et l’anxiété. Les scientifiques vont comparer les effets de la psilocybine (principal principe actif des champignons hallucinogènes) à ceux des traitements classiques.

Un potentiel révolutionnaire

"Nous savons que certains psychotropes ont un potentiel révolutionnaire, et nous n’exagérons pas", explique à la BBC Robin Carhart-Harris, en charge de la future étude.

En 2017, une étude a montré que la psilocybine a un effet bénéfique sur les personnes souffrant de dépression chronique. Cette molécule permet de "réinitialiser" le cerveau: elle agit sur l’amygdale, en charge de la maîtrise de nos émotions et sur l’activité de veille de notre cerveau, aussi appelé réseau du mode par défaut (RMD).

Les psychototropes contre l'autodestruction

Les chercheurs et chercheuses ne savent toujours pas comment ni pourquoi la psilocybine nous affecte. La BBC explique que certains neuroscientifiques comme le Dr Robin Carhart-Harris pensent que ces drogues permettraient d'empêcher à notre cerveau "de rester figé dans un état de rigidité" qui conduit à des pensées autodestructrices.

Lire aussi > Cannabis : le nouveau filon de la jardinerie

Une équipe de checheurs californiens du National Institute of Health, qui a aussi travaillé sur les effets des psychotropes sur les cas de dépression et d'anxiété, réfute un usage médical de ceux-ci et pointe leur caractère dangereux. Bien que la plupart des drogues psychédéliques ne sont pas considérées comme induisant une dépendance au même niveau que la cocaïne, elles entraînent des hallucinations. Il est donc peu probable qu’on aille jusqu’à prescrire ces drogues pour traiter la dépression. "Mais un composé dérivé irait très bien" poursuit l'équipe de chercheurs dans ses conclusions.

CIM Internet