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Après le Christ de Borja, une autre restauration malheureuse en Espagne

Dans l'église du Sanctuaire de la Miséricorde, à Borja (Espagne) le 30 Août 2012. | © PHOTOPQR/LE PARISIEN/Philippe de Poulpiquet

Société

En Navarre espagnole, une petite église a laissé son saint George aux mains d’une entreprise de restauration douteuse.

On pourrait croire à une drôle d’imitation d’un géant de ducasse, habillé de couleurs vives pour les fêtes à venir. Mais il n’en est rien : le saint George d’Estella a été bariolé contre son gré – et celle de la congrégation de fidèles qui s’arrache les cheveux devant le résultat d’une nouvelle restauration ratée en Espagne.

Avec ses joues roses et ses yeux écarquillés, la statue de bois ressemble en effet plus à une statue à la gloire d’un personnage de Oui-Oui qu’à la représentation religieuse d’un saint George terrassant un dragon. La sculpture de bois polychromique de l’église de San Miguel en Navarre, vieille de cinq siècles, a vu ses couleurs fanées prendre un éclat un peu trop cartoonesque sous les ordres d’une entreprise spécialisée, Karmacolor. Pour l’association des restaurateurs d’Espagne, interrogée par El País, c’est évident : l’ouvrage dénote « une absence terrible de formation préalable requis pour accomplir ce type d’intervention« .

Selon le journal espagnol, le curé de l’église voulait à la base surtout remettre un peu d’ordre dans un lieu de culte devenu trop « sale ». Depuis, Estella est la cible des mêmes quolibets qu’avait dû endurer Borja, près de Saragosse, après la restauration loupée de l’Ecce Homo, passé de Christ à créature zooanthrope. En 2012, c’était ainsi une octogénaire « bien intentionnée » qui avait voulu dépoussiérer un portrait du Christ, sans aucune connaissance en restauration d’œuvres d’art. Le résultat avait fait le tour du monde et atterré les amateurs d’art.

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©PHOTOPQR/LE PARISIEN/Philippe de Poulpiquet – Cecilia Giménez, une Espagnole de 80 ans, fidèle de l’église du Sanctuaire de la Miséricorde, à Borja près de Saragosse, avait voulu restaurer Ecce Homo, un portrait du Christ peint par l’artiste Elias Garcia Martinez (1858-1934).

À Estella, on ne compte pas laisser passer pareille bévue. L’association des restaurateurs espagnols compte bien « intenter des poursuites contre les responsables de la ‘grossière intervention’ infligée à cette sculpture, qui se solde par ‘une grave atteinte au patrimoine culturel de la Navarre« , rapporte El País.

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