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Les ONG qui aident les migrants critiquées par le gardien des frontières de l’Europe

Des migrants secourus par l'ONG Moas et la Croix rouge italienne, dans l'attente d'être transféré vers un bâteau dirigé par une autre organisation, au lendemain d'une grande opération de sauvetage près des côtes libyennes. | © AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO

Société

Le patron de l’agence Frontex, chargée de la gestion des frontières européennes, souhaite que les ONG cessent de soutenir les passeurs en intervenant de plus en plus près des côtes libyennes.

Le directeur de l’agence européenne Frontex a critiqué les ONG venant en aide aux migrants au large de la Libye, estimant qu’elles encouragent le trafic et coopèrent mal avec la police, selon une interview publiée lundi. « Il faudrait remettre à plat l’état actuel des mesures de sauvetage au large de la Libye », estime M. Leggeri auprès du quotidien allemand Die Welt, rappelant que « 40% » des actions de secours sont effectuées par des navires privés et non les missions internationales déployées en Méditerranée.

©Tobias Hase/dpa – Fabrice Leggeri, directeur de Frontex

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Pour le patron de l’agence européenne chargée de la gestion des frontières dans le respect des droits élémentaires de chacun, « il faut éviter de soutenir l’action des réseaux criminels et des passeurs en Libye en prenant en charge les migrants de plus en plus près des côtes libyennes ». Une telle stratégie « conduit à ce que les passeurs chargent toujours plus de migrants sur des bateaux inadaptés, sans leur fournir assez d’eau et de carburant », affirme Fabrice Leggeri. L’agence Frontex est elle-même régulièrement impliquée dans des opérations de sauvetage.

Cette critique vise directement l’action des ONG, sans les nommer, puisque Frontex opère aux frontières extérieures de l’Union européenne, soit au large de l’Italie et près des îles grecques de la mer Egée, mais pas devant les côtes libyennes. Le patron de Frontex a aussi déploré que certaines ONG « coopèrent mal » avec les garde-côtes. Leur intervention « rend plus difficile, pour les autorités de sécurité européennes, d’avoir des informations sur les réseaux de passeurs grâce aux interviews des migrants, et d’ouvrir des enquêtes policières ».

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Avec Belga

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