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Non, les véhicules autonomes ne nous débarrasseront pas des embouteillages

Image d'illustration | © Unsplash/Nabeel Syed

Société

Si l'on pensait détenir la solution ultime aux files sans fin, une étude nous apprend qu'il faudra bien plus que des voitures autonomes pour sauver nos routes.

Imaginez la ville du futur : pilotée par des voitures intelligentes, sans conducteur, avec davantage de place pour les piétons et moins, bien moins congestionnée. Sauf que ce futur a peu de chances de se réaliser - ou du moins, pas tel quel. C'est ce que révèle une étude publiée tout récemment par le Forum économique mondial et le Boston Consulting Groupe : la cité de demain ne sera pas moins embouteillée, malgré les promesses des véhicules autonomes.

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Les deux instigateurs de l'étude se sont en effet associés avec la ville de Boston pour mener une gigantesque simulation de l'impact des voitures robotisées sur le trafic urbain. Et les résultats sont passionnants. Alors, certes, le nombre de véhicules sur les routes diminuera de 15%, grâce notamment aux conducteurs qui troqueront leur cinq places pour un abonnement "mobilité-à-la-demande". Mais la contre-partie négative ne se fait pas attendre : nombre d'utilisateurs des transports en commun feront également désormais l'impasse sur le bus, le tram ou le métro pour utiliser ces véhicules autonomes.

© BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK - L'avenue de Tervueren ce 15 juin 2018.

Ces derniers augmenteront par ailleurs les distances parcourues de 16%, et ce dû à la nécessité d'effectuer des trajets supplémentaires pour embarquer de nouveaux utilisateurs. Le nombre de places de parking nécessaires chutera quant à lui drastiquement - de près de moitié -, les citadins possédant dramatiquement moins de véhicules personnels. Le temps de trajet devrait, lui, diminuer de seulement 4%.

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"Alors que la ligne de démarcation entre systèmes de transports publics et privés devient de plus en plus floue dans les villes, les décideurs tiennent l'opportunité de développer des initiatives qui améliorent la mobilité urbaine pour tous les résidents des villes, et pas seulement pour les riches", conclut la recherche, qui n'omet pas ainsi de pointer du doigt les "inégalités de mobilité" qui ne manqueront pas de bondir, sans politique claire et déterminée.

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