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Comment des "supporters" contournent les répressions anti-LGBT en Russie

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Dans les rues russes, six activistes font défiler fièrement le drapeau LGBTQ... en toute discrétion.

On l'appelle le "mois des fiertés". Un mois où la communauté LGBTQ rend visible ses victoires et ses batailles dans les rues du monde entier... ou presque. Dans certains pays, être homosexuel, transgenre ou encore non-binaire reste un crime durement réprimé. Et si les répressions turques de la "Pride" ont fait parler d'elles et ont soulevé les habituelles indignations internationales, la Coupe du Monde semble offrir à la Russie un "répit" médiatique à son propre ostracisme.

Les yeux davantage tournés vers ses stades, les spectateurs russes et d'ailleurs semblent avoir d'ailleurs oublié la position homophobe du vaste pays. Qu'à cela ne tienne, six activistes ont choisi de porter haut les couleurs du drapeau LGBTQ. Mais dans un pays où toute marque de soutien opposée au régime peut être sanctionnée par la prison, mieux vaut agir discrètement. Et le collectif activiste The Hidden Flag a trouvé la parade ultime... juste devant les yeux de la police russe.

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©TheHiddenFlag.org

Ces six militants - dont tous ne sont pas issus de la communauté LGBT - ont décidé de profiter du Mondial pour recréer le fameux drapeau multicolore à l'aide de maillots de football. Cela tombe bien, dans l'équipée se trouvent une Espagnole, un Hollandais, un Brésilien, un Mexicain, une Argentine et un Colombien. Tous ont accepté de participer au projet d'exposer la bannière dans les rues de Russie.

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Si Marta Márquez, la présidente d'une association de familles LGBT, a décidé de le faire dans le cadre de son combat - et parce que sa fille est à moitié Russe -, d'autres ont accepté sans être pourtant directement concernés. Eric Houter, en jaune, a rejoint la troupe pour son frère. "Ce qui m'a convaincu, c'est l'amour fraternel, étant donné que je n'ai jamais été un activiste. Mais quand j'ai compris le danger et la pression là-bas, ça a renforcé ma décision. Je voulais être un soutien. Nous avons besoin que plus d'hétérosexuels s'engagent dans ce combat. Et je ne défends pas seulement les droits de mon frère, mais aussi les droits de tout le monde. Notre cœur est grand et devrait être libre", raconte le Hollandais sur le site de The Hidden Flag.

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