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Quand le burkini fait boire la tasse aux piscines belges

Pour Unia, le Centre interfédéral pour l'égalité des chances, une interdiction générale du burkini constitue une forme claire de discrimination. | © Instagram

Société

"Un burkini est un symbole d'oppression, pas d'émancipation", a affirmé la mandataire N-VA Zuhal Demir, après qu'un tribunal à Gand eut rejeté l'interdiction du port de ce long maillot de bain dans des piscines communales.

 

Il s'agit d'une première en Belgique. Dans deux de ses jugements, le tribunal de Gand a annulé l'interdiction du burkini qui avait été appliquée dans deux piscines du nord du pays, rapportent les journaux flamands ce vendredi.

Les complexes communaux Ter Wallen à Merelbeke et la piscine communale Van Eyck à Gand ne peuvent donc plus interdire aux femmes de se baigner en burkini. Interdire cette pièce de bain couvrante pour des raisons d'hygiène ou de sécurité n'est pas justifié, a estimé le tribunal gantois. Le gouvernement belge ayant fourni des preuves scientifiques pour démontrer qu'il n'y a aucun problème dans ces domaines. Les établissements concernés devront dès lors adapter leur règlement, même si des appels sont introduits dans les prochains jours. Les femmes qui avaient saisi le tribunal se voient par ailleurs octroyer un dédommagement moral.

Entre émancipation et oppression

"Les gens doivent avoir la liberté de s'habiller comme ils le souhaitent, même dans une piscine", a souligné Unia, le Centre interfédéral pour l'égalité des chances, qui salue la décision du tribunal de Gand. "Les jugements sont cohérents avec l'analyse juridique que nous avions effectuée l'an passé à la demande de certaines villes et communes", a réagi Els Keytsman de l'organisation. Pour Unia, une interdiction générale du burkini constitue une forme claire de discrimination. L'interdiction peut désavantager les femmes qui le portent pour des raisons religieuses tout comme les personnes qui choisissent ce vêtement pour des raisons de santé, de caractéristiques physiques ou à cause d'un handicap. Si une pression est mise sur les jeunes femmes pour qu'elles portent un burkini, c'est aux autorités locales d'agir, a ajouté l'organisation.

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Or, à la suite de ces jugements, la secrétaire d'État à l'Égalité de Chances Zuhal Demir a souhaité la mise à l'étude d'une interdiction dans la loi du port du burkini dans les piscines, qu'elle voit comme une menace de la religion sur les droits des femmes. "Un burkini est un symbole d'oppression, pas d'émancipation", a affirmé la mandataire N-VA.

 

Avec Belga

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