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Tampons toxiques : 5 alternatives pour se protéger sans se méfier

À l'heure où le bon vieux tampon et l'éternelle serviette trônent toujours en maîtres dans les placards des toilettes, d'autres options existent pour celles qui souhaitent se protéger en toute sécurité. | © Instagram : @etherealandco

Société

Une récente étude pointe une nouvelle fois la présence de pesticides dans les tampons et les serviettes hygiéniques. L’occasion de se pencher sur les alternatives les moins toxiques pour se protéger sans se méfier.

 

« Les tampons et les serviettes hygiéniques contiennent des pesticides. » On le savait déjà depuis pas mal d’années. Mais parce que la réglementation censée encadrer la composition des protections hygiéniques fait toujours débat en Europe, une nouvelle étude vient relancer le sujet.

Dans un rapport publié ce vendredi 19 juillet, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, en France) pointe une nouvelle fois les pesticides présents dans certains produits de protection hygiénique. Parmi les substances chimiques décelées dans plusieurs produits vendus en France, l’agence cite notamment le glyphosate, herbicide agressif et potentiellement cancérigène. Ainsi que le lindane et le quintonzène, dont l’usage est interdit en Europe depuis près de 20 ans.

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Si la présence de pesticides ne présente « pas de risque sanitaire à long terme », comme le précise à France info le docteur Gérard Lafargue, qui a piloté l’étude, toute une chacune est en droit de se méfier des protections standards pour se tourner vers des alternatives, si pas 100% naturelles, au moins dénuées de pesticides. À l’heure où le bon vieux tampon et l’éternelle serviette trônent toujours en maîtres dans les placards des toilettes, d’autres options existent pour celles qui souhaitent se protéger en toute sécurité.

La coupe menstruelle

C’est la petite révolution venue des États-Unis et qui conquit l’Europe depuis les années 2000. À celles qui boudent le tampon et pestent la serviette, la coupe menstruelle se donne pour mission d’être un produit d’hygiène plus sûr, plus propre et (pour certaines) plus confortable. Entièrement écologique, ce petit récipient en latex ou en silicone s’insère dans le vagin pour venir récupérer l’écoulement sanguin. Équipé d’une petite tige, elle se retire facilement (toutes les six heures environ) pour être vidée, rincée, puis réinsérée.

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Si la coupe menstruelle est encore accusée de provoquer le choc toxique – laissant pénétrer davantage d’air dans le vagin et favorisant le développement du staphylocoque – elle constitue l’une des alternatives les plus prisées. Non sans inconvénients comme sa mise en place ou encore son nettoyage, la « cup » a séduit de nombreuses femmes qui ne savent désormais plus s’en passer.

La coupe menstruelle est probablement l’alternative la plus prisée. © Instagram : @sophiedone123

L’éponge de mer

Moins célèbre que sa cousine la coupe, l’éponge menstruelle n’en est pas moins efficace. Récoltée, lavée, puis débarrassée des impuretés calcaires et organiques, cette éponge de mer ne contient aucun produit chimique. Plus confortable qu’un tampon ou qu’une cup, l’éponge s’installe dans le vagin et absorbe les règles tout en douceur. Comme la coupe menstruelle, elle se nettoie après chaque cycle de menstruations, mais pas dans l’eau bouillante cette fois. Plongée dans une tasse d’eau avec quelques gouttes d’huile essentielle de Tea Tree (pendant 12 heures) ou dans un verre de vinaigre d’alcool dilué avec de l’eau, elle sera entièrement désinfectée. Prudence toutefois, avertissent les spécialistes : l’éponge menstruelle est déconseillée pour les femmes portant un stérilet, au risque qu’elle s’y accroche et le déplace malencontreusement. S’abstenir également en cas d’infection vaginale.

Plus confortable qu’un tampon ou qu’une cup, l’éponge s’installe dans le vagin et absorbe les règles tout en douceur. © Flickr

La serviette lavable

Même principe que la serviette classique, mais version zéro déchets. Selon des menstruations plus ou moins abondantes, on prévoira entre une à trois serviettes par journée. Lavables et absorbantes, elles sont le plus souvent fabriquées en coton bio mais existent aussi en chanvre ou en fibre de bambou, des matières moins irritantes que celles que l’on trouve dans les protections classiques. À environ 10 euros la serviette, l’investissement peut paraître élevé mais se révèle économique sur le long terme. Quant au nettoyage, la plupart conseille de l’effectuer à l’eau froide, plus efficace pour effacer les tâches de sang, et un peu de savon naturel (type Alep ou Marseille). Dans tous les cas, éviter la lessive qui contient des produits chimiques… ça n’aurait plus beaucoup d’intérêt.

La serviette lavable se nettoie préférablement à l’eau froide et au savon naturel. © Instagram : @peacewiththewild

La culotte menstruelle

C’est probablement la tendance du moment dont on parle de plus en plus sur les réseaux. Populaire aux États-Unis et au Canada, la culotte menstruelle vient de débarquer sur le marché européen sous la marque française Fempo. « Elle est confortable, retient les fluides et peut être portée toute la journée ! », assure-t-on sur l’étiquette. Persuadant de plus en plus de femmes à adopter cette nouvelle super-culotte garantie sans fuites, sans odeurs et surtout sans produits chimiques. En période de règles, il suffit de l’enfiler à la place de sa lingerie habituelle et grâce à sa triple couche coton-bambou-imperméable, on peut la porter environ 12 heures. Après chaque utilisation, elle se rince le soir et à l’eau froide. L’idéal étant d’en avoir deux ou trois, pour tourner entre jour et nuit, précisent les connaisseuses. Une fois le cycle menstruel passé, direction la machine à laver. Chaque culotte coûte environ 30 euros et possède une durée de vie de deux ans.

La nouvelle tendance made in France ? © Fempo

Sans protection

Parce qu’il est aussi possible de se passer totalement de protection hygiénique, de nombreuses femmes optent pour le free flow instinct, comprenez « le flux instinctif libre » (ou « FFI », pour les intimes). Apparaissant aux yeux de certaines comme une légende mystique, voire une prouesse olympique, le procédé consiste à retenir l’écoulement de son sang menstruel en contractant le périnée, puis de le déverser (au moment souhaité) dans les toilettes. Facile, se convainc-t-on. Juste une question d’entraînement… et d’habitude. Outre la condition inévitable de se muscler le périnée pour retenir le flux, le free flow instinct nécessite surtout une écoute attentive de son corps, de manière à se rendre aux toilettes quand l’utérus le propose. Naturellement, cette méthode conviendra peu aux femmes qui souffrent de béance vaginale (suite à un accouchement par exemple) ou de prolapsus génital. À l’heure où le débat est encore vif autour du flux instinctif, le procédé reste la seule alternative permettant à celles qui le souhaitent de se débarrasser une bonne fois pour toute des protections hygiéniques, avec ou sans produits chimiques.

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