Un congé payé pour les victimes de violences conjugales

Un congé payé pour les victimes de violences conjugales

Portée par le parti écologiste, une loi en faveur d’un congé payé de dix jours pour aider les victimes de violences domestiques vient d’être votée en Nouvelle-Zélande. | © Volkan Olmez / Unsplash

Société

La Nouvelle-Zélande a adopté une loi accordant aux victimes de violences domestiques 10 jours de congés payés pour leur permettre de quitter leur partenaire et trouver un nouveau logement.

Ann Simmons est rentrée chez elle après une après-midi de garde en tant qu’infirmière, une heure plus tard que prévu. Son partenaire n’a pas accepté la raison pour laquelle elle était en retard. Il l’a frappée au visage, à l’estomac, l’a poussée et l’a violée avant de s’évanouir, ivre. Elle a ensuite appelé son supérieur pour lui dire qu’elle avait été victime de violences conjugales et qu’elle avait besoin de prendre un congé. En réponse, il lui a suggéré de démissionner.

Lire aussi > Les victimes de violence conjugale ne pourront plus demander l’asile aux États-Unis

Durant ses prises de parole pour défendre se proposition de loi, Jon Logie, députée du Parti Vert, a partagé l’histoire d’Ann Simmons. Avant d’être élue au Parlement néo-zélandais en 2011, Jon Logie a travaillé dans un refuge pour femmes battues. Elle a porté sa proposition de loi pendant sept années pour la faire adopter. « Ce soir nous changeons les normes sociales, nous prenons un engagement pour un meilleur futur pour nous tous » a-t-elle déclaré.

Le congé payé doit permettre aux victimes de quitter leur foyer et d’effectuer toutes les démarches administratives ou judiciaires nécessaires. La nouvelle législation entrera en vigueur en avril de l’année prochaine et stipule que toute personne victime de violence familiale aura droit à dix jours de congés payés, qui viendront s’ajouter aux congés de vacances et aux congés de maladie. Ce congé doit permettre aux victimes cherchant à fuir leur foyer d’avoir le temps de se protéger ainsi que de protéger leurs enfants. 

Les victimes de violences domestiques ne seront pas tenues de fournir des preuves de leur situation et auront également droit à des conditions de travail plus flexibles, telles que le changement du lieu de travail, la modification de leur adresse e-mail et la suppression de leurs coordonnées du site Web de leur entreprise. Avant la Nouvelle-Zélande, les Philippines avaient déjà adopté une mesure similaire en 2004.

Lire aussi > « SOS femmes en danger », un reportage qui dénonce les violences conjugales en Russie 

La Nouvelle-Zélande est un des pays développés les plus touchés par ce type de violences. La police reçoit un appel toutes les cinq minutes pour des cas de violences familiales. Dans ce pays, une femme sur trois ayant déjà vécu en couple a été victime de violences physiques ou sexuelles. 50% des homicides commis sont le résultat de violences familiales.

CIM Internet