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« Brûle, tue, détruis » : le tueur de Parkland entendait des voix démoniaques

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Nikolas Cruz en avril dernier lors d'une audience face au juge. | © Amy Beth Bennett/Sun Sentinel/TNS/ABACAPRESS.COM

Société

Quelques heures après avoir commis l’une des pires fusillades de l’histoire des Etats-Unis, Nikolas Cruz, le tueur du lycée de Parkland, a expliqué à la police avoir entendu des voix dans sa tête. Son procès verbal a été dévoilé lundi par les autorités.

Le 14 février dernier, il a tué 17 personnes au lycée Stoneman Douglas de Parkland, en Floride. Parmi les victimes, des camarades de classe et des employés de l’établissement. Interpellé, le meurtrier de 19 ans a répondu quelques heures plus tard aux questions des enquêteurs. Le procès verbal de cet interrogatoire a été dévoilé lundi par les autorités et repris par le Miami Herald. Assis dans le bureau du shérif, Nikolas Cruz explique avoir entendu des voix démoniaques dans la tête, « son côté diabolique ». Il raconte avoir acheté son arsenal d’armes à feu à la demande de ces voix qui l’auraient ensuite forcé à commettre l’irréparable en tirant sur ses camarades. « Que vous dit cette voix ? », demande l’agent John Curcio. « Brûle, tue, détruis », répond Nikolas Cruz.

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Mais l’enquêteur ne semble pas croire le suspect, affirmant que d’après lui il se sert de ces voix comme d’une excuse. « C’est faux, je le promets. Je n’aime pas le démon, je ne l’aime pas », assure alors l’adolescent. Dès le début de l’interrogatoire, il exprime par ailleurs son envie de mourir. « Tuez-moi, putain tuez-moi. Je veux mourir », lance-t-il à un officier tout en répétant être un « idiot » et être « tellement seul ». Dans un communiqué, l’avocat de Nikolas Cruz a expliqué n’avoir jamais vu « en 40 ans, un être humain aussi brisé que lui ». « Tout le monde le savait. Il n’était pas ce gars timide dans un coin, qui se battait seul contre sa maladie mentale. Nikolas Cruz était sous le radar de tout le monde », affirme-t-il.

Privé de l’accompagnement dont il avait besoin ?

Après le drame, de nombreux témoins avaient expliqué savoir que Nikolas Cruz passerait un jour à l’acte. « Honnêtement, beaucoup de gens disaient que ce serait lui » qui « arroserait le lycée », avait fait savoir un élève. Enfant, Nikolas n’avait pourtant jamais posé de problème. Adopté avec son frère par une famille aimante alors qu’il était petit, il aurait changé d’attitude à l’adolescence, rapporte ABC. Il se serait encore plus renfermé sur lui lorsque sa mère adoptive, Lyndia, a succombé à une pneumonie en novembre. Son père adoptif est mort 13 ans plus tôt d’une attaque cardiaque. Après la mort de leur mère, les deux garçons avaient été confiés à des amis de la famille. « Je savais que le plus grand avait des problèmes. C’était lui-même un problème. Je savais qu’il avait des soucis et qu’il avait pris des médicaments. Il avait des difficultés émotionnelles », a raconté Barbara Kumbatovich, proche de la famille.

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Le 4 août dernier, le New York Times indiquait par ailleurs que Nikolas Cruz avait perdu l’assistance spéciale dont il bénéficiait depuis ses 3 ans à cause de ses problèmes émotionnels. Son comportement au lycée avait en effet poussé les éducateurs à demander le transfert de l’élève vers une école alternative pour jeunes en difficulté. Sa mère avait accepté cette décision mais l’adolescent, alors âgé de 18 ans et donc majeur, avait refusé de partir, expliquant vouloir obtenir son bac au lycée Stoneman Douglas. Trois options lui avaient alors été proposées : accepter son transfert, attaquer le département à l’éducation ou rester au lycée Stoneman Douglas mais sans l’accompagnement dont il bénéficiait avant. Il avait alors, choisi cette dernière proposition, sans savoir que toutes ses aides – dont un suivi thérapeutique – auraient dû lui être garanties malgré tout. Selon le Miami Herald, peu de temps avant la fusillade, une note interne a été diffusée aux professeurs de l’établissement, les mettant en garde contre de possibles menaces de Nikolas Cruz envers d’autres camarades.

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