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Greffe du visage : un domaine où la Belgique excelle

Andy Sandness s'apprête à subir une greffe du visage.

Société

Aux États-Unis, le jeune américain Andy Sandness a retrouvé un visage après une impressionnante greffe. Mais les chirurgiens belges sont également des précurseurs et des maîtres de cette opération délicate.

Andy Sandness était défiguré. Il y a dix ans, cet Américain avait tenté de mettre fin à ses jours avec une arme. La balle avait arraché son nez, sa mâchoire et une partie de sa chair. Après une opération de 56 heures, le résultat est impressionnant : les seules traces restent les cicatrices entourant les parties greffées, juste sous ses yeux et dans le cou. Mais ce trentenaire n’est pas le seul miraculé de la chirurgie réparatrice.

Andy Sandness avant sa tentative de suicide – ©AP/SIPA

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Un nouveau visage : de la science fiction au réel

En dix ans, la médecine a considérablement progressé pour la greffe de visage. Aujourd’hui, 36 patients dans le monde ont subi cette intervention. Celle-ci leur a surtout permis de retrouver des fonctions basiques telles que respirer, manger, parler mais aussi de sortir à nouveau et retrouver une vie « normale ».

Dans ce domaine de chirurgie minutieuse, l’Europe se distingue. En 2005, c’est en France qu’est pratiquée la première greffe du visage au monde. Pendant quinze heures, plusieurs chirurgiens se sont attelés à redonner un nouveau faciès à une jeune femme de 38 ans. Cinq ans plus tard, ce sont des chirurgiens espagnols qui font une prouesse en réalisant la première transplantation totale d’un visage.

Si ce genre d’opération demeure rare, c’est qu’elle comporte des risques non-négligeables. Les effets secondaires des traitements immunosuppresseurs (médicaments qui atténuent les réactions immunitaires) sont excessivement lourds et le greffon peut être rejeté. Et comme pour les autres greffés, les patients transplantés, fragilisés par les traitements anti-rejets, deviennent plus vulnérables aux risques d’infections et de cancers. Sur ces 36 transplantions réalisés dans le monde, six patients sont d’ailleurs décédés.

La Belgique : troisième pays européen à avoir réalisé une greffe du visage

En  matière de transplantation faciale, la Belgique est une pionnière. Car si la première greffe du visage a eu lieu en France, c’est dans le laboratoire de Morphologie des cliniques Saint-Luc, à Bruxelles, que toute la conception de cette greffe avait été réalisée. En 2009, la même équipe chirurgicale franco-belge avait effectué une autre greffe du visage en France. Aujourd’hui, les chirurgiens belge de l’Université Catholique de Louvain-La-Neuve poursuivent activement la recherche en vue de l’amélioration de ces techniques. D’ailleurs, il est déjà arrivé certaines de ces opérations soient « répétées » à l’UCL. Une procédure souvent exigée vu l’ampleur du travail demandé.

Quant à la première opération réalisée en Belgique, l’Hôpital universitaire de Gand l’a signée en 2012. Cette chirurgie, qui consistait à remplacer tout le bas du visage, se déroulait pour la 19ème fois dans le monde et avait mobilisé une équipe de 65 personnes pendant une vingtaine d’heures. La Belgique est alors devenu le troisième pays européen à réaliser une greffe du visage. Ce genre de chirurgie reste toutefois occasionnelle. La greffe n’est envisagée que pour deux raisons : le visage doit être grièvement atteint et l’opération doit permettre de retrouver des fonctions motrices vitales.

De plus, la pénurie d’organes constitue un frein principal aux transplantations faciales. La démarche effraie alors que la probabilité d’avoir un jour besoin d’un organe est huit fois plus grande que celle de pouvoir faire don de ses organes.

 

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