Paris Match Belgique

La FWA contre attaque et démonte les arguments de Jours sans Viande

La FWA veut favoriser le circuit court. | © AFP PHOTO/Ralf Hirschberger

Société

Lancée ce mercredi, la campagne « 40 Jours sans Viande » ne cesse d’être critiquée. La Fédération Wallonne de l’Agriculture démonte ses arguments et lance un nouveau défi : « 40 jours pour soutenir nos agriculteurs ». Un manière de favoriser une nouvelle fois le circuit court, le moyen de consommation le plus durable.

Après le succès de la Tournée Minérale, l’opération « 40 Jours sans Viande », qui existe depuis 6 ans en Flandre, est accueillie de manière plus mitigée en Wallonie. Spécialement du côté des agriculteurs. Sur le site Je suis agriculteur, La Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA) contre-attaque avec une nouveau défi : « 40 jours pour soutenir nos agriculteurs ».

La campagne « sans viande » a pour principe de réduire sa consommation de viande et de poisson par souci écologique, du 1er mars au 15 avril, mais ne prône pas un végétarisme complet. « Le but est d’inspirer les gens à avoir des habitudes plus durables, consommer moins de viande et de poisson. Tout le monde peut le faire à sa manière (…) On veut que les gens s’informent, s’interrogent sur ce qu’ils mangent et la provenance des aliments », a expliqué Stéphanie Kint, chargée de communication du défi, sur le plateau de la RTBF.

Lire aussi : Consommation de viande : des effets sur le climat à nuancer

Face à elle se trouve Stéphane Delogne, porte-parole de la Fédération Unie de Groupements d’Eleveurs et d’Agriculteurs, très remonté. « C’est de la diffamation pour le travail des éleveurs wallons qui se trouvent à des années lumières de ce que vous semblez dénoncer. C’est une inversion des valeurs ». Pour lui, cette campagne est un coup marketing du lobby agroalimentaire, avec des sponsors qui « espèrent récuperer tout un marché de végétariens ». « Une tonne de viande vaut entre 5000 et 6000 euros alors qu’une tonne de soja vaut de 300 à 350 euros. Si demain on vous vend le steak de soja au même prix que la viande, l’industriel a gagné de l’or en barre », a déclaré l’agriculteur.

Six contre-arguments

« Argumenter en faveur du végétarisme en utilisant l’argument de l’impact environnemental n’est ni correct ni acceptable en Wallonie », peut-on lire sur le site lancé par la FWA. En six points, la fédération démonte les arguments développés par la campagne et explique pourquoi elle est convaincue que consommer moins de viande ne va pas réellement améliorer l’état de notre planète.

« Un kilo de viande exige 15 000 litres d’eau » est probablement l’argument qui étonne le plus. Mais la FWA rectifie : « un bovin boit en moyenne une trentaine de litres d’eau par jour. Durant sa vie, il consommera environ 20.000 litres d’eau. Donc s’il donne 350 kilos de viande, chaque kilo de viande aura « coûté » au grand maximum 60 litres d’eau en consommation directe ».

La Fédération démonte l’argument de la déforestation qu’implique la consommation de viande, « non valable », puisqu’ « on ne déforeste pas en Wallonie ».

« Il faut 8 kilos de fourrage, principalement du soja pour produire 1 kilo de viande de bœuf ». Cet argument n’est pas valable en Wallonie car les bovins se nourrissent essentiellement d’herbe. « Pour un kilo de bœuf, on compte 25 kilos d’herbe et 2 kilos de complément (des pulpes de betterave, des céréales…) ».

L’argument du gaz à effet de serre est également abordée. « Notre agriculture occupe près de 50% du territoire et produit 10% des gaz à effet de serre. Parmi ces 10%, l’élevage de ruminants est responsable de 6% des GES ». En comparaison, le chauffage de nos domiciles est responsable de plus de 13% de ces GES, et nos transports plus de 14%.

Notre « surconsommation de viande de boeuf » est réévaluée.  « Un Belge consomme en moyenne 4,7 kilos de viande de bœuf par an, soit 90 grammes par semaine ».

Et enfin, les alternatives proposées par les organisateurs « sans viande » ne sont pas favorables à notre environnement. Le tofu, le pois chiche et les lentilles sont produits majoritairement hors Europe. Ces aliments parcourent alors des milliers de kilomètres avant de finir dans les assiettes des consommateurs européens. Pour consommer responsable et préserver l’environnement, la FWA invite dès lors à favoriser les produits locaux, de saison et faits maison.

(Avec Belga)

CIM Internet