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« Banalisation du régime nazi » : Le devoir de mémoire revu et corrigé par Bouli Lanners

Bouli Lanners, le 21 janvier 2016. | © AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

Société

Face à la proposition de loi de Georges-Louis Bouchez de sanctionner la « banalisation du régime nazi », l’acteur Bouli Lanners a poussé un coup de gueule dans une vidéo piquante diffusée sur Facebook.

 

Il y a tout juste une semaine, le délégué général du Mouvement Réformateur (MR) Georges-Louis Bouchez annonçait son intention de déposer un texte visant à lutter contre la « banalisation » du « génocide » ainsi que celle du « régime nazi ». Ceci, en amendant la loi Moureau introduite en 1995 (qui condamne le négationnisme) et afin de « réprimer la négation, la minimisation, la justification ou l’approbation du génocide commis par le régime national-socialiste allemand pendant la seconde guerre mondiale ».

« Pauvre devoir de mémoire »

Si la proposition semble évoquer indirectement les insultes qui ont régulièrement visé le secrétaire d’État à l’Asile Theo Francken ces derniers mois, elle se donne une mission bien précise : « Mon objectif n’est pas de protéger les victimes d’insultes mais de protéger le devoir de mémoire », a ainsi précisé le libéral sur les ondes de La Première.

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Beaucoup de mots, finalement, pour parler d’un projet qui pourrait se résumer en une phrase : « Au nom du respect du devoir de mémoire, Georges-Louis Bouchez nous propose donc de ne plus pouvoir traiter quelqu’un de nazi », récapitule l’acteur belge Bouli Lanners dans une vidéo postée sur Facebook, ce vendredi. « Sauf si cette personne est vraiment un vrai nazi. Dans ce cas, avant de traiter la personne de « nazi », il ne faudra pas oublier de bien vérifier si cette personne est officiellement reconnue en tant que nazie aux yeux de la loi… sinon bonjour les ennuis », ironise-t-il.

À chacun son interprétation

Dans une vidéo d’environ une minute, le réalisateur des Géants et d‘Eldorado se moque ouvertement de la proposition du chef de file du MR de Mons, dont le principe « serait d’évoquer le moins possible le mot ‘nazi’ pour que la mémoire fasse mieux son travail ». En gros, poursuit le comédien, « il suffit le moins possible d’évoquer le nom des salopards de l’histoire pour mieux se rappeler des atrocités qu’ils ont commises ».

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Or, pour l’acteur de Je suis mort mais j’ai des amis, le fait de ne sanctionner que le mot « nazi » pose évidemment problème. Car comme pour le terme « nazis », « si l’on continue de traiter les gens à tord et à travers de fascistes, de franquistes, d’esclavagistes, de polpotistes, de salazaristes (…), on risque d’oublier les atrocités liées à ces noms », conclut-il en interprétant les propos de Georges-Louis Bouchez. L’acteur propose ainsi d’amender la « future possible Loi Bouchez » et « de faire en sorte qu’il soit impossible de traiter quelqu’un de tous les noms qui font référence aux pages sombres de l’histoire ». Et d’insister sur l’ironie autour du « pauvre devoir de mémoire » : « Oublier, c’est mieux se rappeler ».

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