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L’Espagne secouée par un bus anti-transgenre

Le bus a été saisi par les autorités espagnoles. | © EFE/Zipi

Société

Le parquet de Madrid a ouvert une enquête à propos d’un bus affrété par une association affichant des slogans transphobes.

 

« Les garçons ont un pénis, les filles ont une vulve. Ne te fais pas avoir. Si tu es né homme, tu es un homme. Si tu es une femme, tu le seras toujours ». Un slogan accompagné de pictogrammes représentant un homme et une femme, était visibile sur le grand bus orange qui a sillonné les rues de la capitale espagnole. Affrété par l’organisation catholique Hazte Oir (« Fais-toi entendre »), celui qui est désormais supprimé « le bus de la honte » était l’un des instruments d’une campagne de ce groupe contre le droit des personnes transsexuelles à être acceptées comme homme ou femme, quel que soit leur sexe à la naissance.

Les garçons ont des pénis, les filles ont des vulves.

Le véhicule devait poursuivre sa route vers d’autres villes, mais les autorités de Madrid l’ont saisi et ont protesté. Le parquet a ensuite demandé à un juge d’immobiliser le véhicule et a ouvert une enquête pour déterminer si le slogan constituait un « délit de haine ».

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Dans un communiqué, les magistrats ont affirmé que laisser circuler le bus risquait de créer un « trouble à l’ordre public (et) un sentiment d’insécurité ou de peur parmi les gens, en raison de leur identité ou orientation sexuelle, notamment parmi les mineurs pouvant être touchés par le message ». L’organisation pourrait s’exposer à une amende de 3 000 euros si elle remettait son bus sur la route.

La campagne a rapidement suscité la polémique : le député conservateur Javier Maroto a dénoncé  une « inadmissible campagne » de haine contre la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels).

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« Ceux de Hazte Oir ont peut-être des pénis et des vagins, mais ils n’ont ni cerveau ni cœur », a réagi Pablo Iglesias, leader du parti de gauche radicale Podemos. Ce mercredi 1er mars, une vingtaine de personnes ont protesté devant la mairie de Madrid contre la saisie du bus que l’association tentait de récupérer. Parmi eux, Gerardo, 71 ans, interrogé par l’AFP et qui a refusé de donner son nom de famille, a affirmé : « Nous avons le droit d’éduquer nos enfants comme nous l’entendons. Pourquoi devraient-ils nous imposer leurs critères ? (…) Je n’aime pas qu’on apprenne cette idéologie à nos enfants, que chacun peut choisir son sexe ».  La maire de Barcelone, Ada Colau, s’est exprimée sur Twitter en qualifiant le bus de « LGBT-phobe » : « Il n’a pas sa place à Barcelone ».

L’Espagne n’a pas encore de loi contre la discrimination des personnes transgenres, mais une dizaine de régions sur 17 ont adopté des textes en ce sens.

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