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Au Burning Man, le consentement sexuel sous haute surveillance

Des festivaliers du Burning Man en 1999. | © Reporters

Société

Avec ses traditions déshabillées et son esprit libertin, le Burning Man est réputé pour ses expériences sensorielles et sensuelles ouvertes à tous. Mais à certaines conditions.

 

Alors que le Burning Man vient de démarrer ce dimanche, les organisateurs ont tenu à rappeler aux participants quelques règles de conduite concernant la politique instaurée par l’un des festivals les plus déjantés au monde.

Au moment de prendre la route pour le désert de Black Rock au Nevada, les 80 000 festivaliers attendus aux portes du Burning Man ont reçu un mail leur stipulant que l’esprit « sexuellement libéré » du festival ainsi que certaines de ses installations comme « l’Orgy dome » (lieu où les festivaliers peuvent s’adonner aux plaisirs sexuels sous toutes leurs formes) ne signifient pas que tout est permis, rapporte le quotidien Reno Gazette-Journal. Surtout lorsqu’il s’agit de consentement sexuel.

Liberté, convivialité, sexualité

« Les costumes provocants et la nudité peuvent être considérés comme une invitation », explique Donna Rae Watson, directrice du Bureau des échanges érotiques, une association présente chaque année au Burning Man. « D’autres pensent automatiquement que le consentement est implicite, or le consentement implicite n’existe pas », souligne-t-elle. « Ce n’est pas parce que nous prônons la libération sexuelle que nous l’avons », poursuit-elle. « Dans la communauté du Burning Man, l’attitude générale veut que l’on accueille l’inconnu, ce qui se traduit parfois par le fait d’accepter n’importe quel comportement. Or, il ne devrait pas en être ainsi. »

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Dans une ère post-Weinstein, traumatisée par les révélations associées au mouvement MeToo, un festival comme le Burning Man qui autorise les rapports sexuels tous azimuts pose évidemment question. Surtout quand on sait que chaque année, le service en charge des agressions sexuelles au Burning Man reçoit jusqu’à 20 plaintes pour harcèlement et agression sexuelle, d’après les chiffres du porte-parole de l’événement Jim Graham. L’année dernière, deux personnes suspectées d’agression sexuelle ont été arrêtées sur le site, précise The Independent.

© Reporters / Abaca

Piqûre de rappel

Cette année, le festival d’art contemporain a souhaité redoubler de vigilance en affichant plusieurs messages sur le site désertique. Mêlés au thème « I, Robot », des pancartes et des badges sur lesquels sont inscrits des slogans tels que « Le consentement, c’est sexy » servent de piqûre de rappel pour les festivaliers. « L’idée est de faire prévaloir le consentement et de l’intégrer dans notre philosophie, où les limites et les corps sont totalement respectés », conclut Donna Rae Watson qui depuis 2005, sensibilise le public du Burning Man à la notion de consentement.

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Au cours des dernières années, de nombreux « burners » ont inclus le consentement dans la liste des dix grands principes qui régissent le festival de l’homme qui brûle (auto-suffisance, l’expression de soi, la culture du moment présent, etc.). Sur son site, le festival a également pris le soin de rédiger une liste de conseils pour « prévenir le harcèlement sexuel » ainsi qu’une note sur la définition du consentement. Parmi les avertissements, le festival rappelle de ne jamais « faire de remarques ou de commentaires sexuels non sollicités sur le corps de quelqu’un d’autre » et de « toujours considérer que non, c’est non ».

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