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Vous procrastinez ? Il y a une explication scientifique

Image d'illustration. | © Unsplash / @brunocervera

Société

D’après une étude, la taille et le fonctionnement de deux zones du cerveau seraient différentes chez les procrastinateurs.

Vous avez tendance à tout remettre au lendemain, et vous vous demandez régulièrement quel est le secret de ceux qui arrivent sans peine à appliquer l’adage « ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui » ? Une étude germanique a trouvé la réponse à vos interrogations. Et il ne s’agit pas que d’une question de volonté.

Les procrastinateurs analysent l’impact de chaque action plus en profondeur

En effet, six chercheurs ont trouvé un lien entre la procrastination et la taille ainsi que le fonctionnement de l’amygdale. Il ne s’agit pas ici des amygdales que l’on a au fond de la gorge et qui gonflent en cas d’angine, mais de leur homonyme, une zone du cerveau fonctionnant comme un système d’alerte. Celle-ci est impliquée dans la reconnaissance et l’évaluation des stimuli sensoriels et les réactions à ceux-ci, en particulier la peur, l’anxiété et le plaisir. Et la maligne joue un rôle lors de chaque prise de décision, en évaluant si l’impact de celle-ci sera bénéfique ou négatif.

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Pour leur étude, les chercheurs ont procédé à un examen IRM sur 264 cobayes. Ceux-ci avaient auparavant répondu à un questionnaire évaluant leur capacité à exécuter leurs tâches directement.

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Les résultats ont révélé que les procrastinateurs ont une amygdale de plus grand volume que les autres sujets testés. En conséquence, ils analysent l’impact de leurs actions plus en profondeur, ce qui entraîne peurs et hésitations supplémentaires devant l’une ou l’autre mission à accomplir. Autre constat : ceux qui remettent toujours tout au lendemain ont une connexion plus faible entre l’amygdale et le cortex antérieur dorsal. Cet autre terme complexe désigne la zone du cerveau qui utilise les informations et évaluations de l’amygdale et qui, en fonction de celles-ci, décide de réaliser l’action (ou non). Le cortex se charge également de réguler l’arrivée des émotions et actions concurrentes afin de garantir que l’action sera entreprise. La faiblesse de sa connexion avec l’amygdale rend la régulation des émotions insuffisante, ce qui favorise également cette tendance à repousser les actions.

Condamnés ?

La nouvelle pourrait sembler fatale pour la procrastinateurs. Mais la plasticité du cerveau qui n’est, elle, plus à démontrer, a de quoi les rassurer. Nous façonnons en effet notre cerveau chaque jour et les auteurs de l’étude espèrent à l’avenir découvrir s’il est possible de modifier ce comportement. D’autre part, les chercheurs n’éliminent pas la possibilité que d’autres facteurs puissent jouer un rôle encore plus important dans la procrastination.

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