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Facebook accusé de véhiculer des publicités pour « guérir » l’homosexualité

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Image d'illustration. | © AFP PHOTO / JOSH EDELSON

Société

Des jeunes LGBT+ britanniques affirment avoir été la cible de publicités faisant l’apologie des thérapies de conversion et de la « pureté sexuelle ».

Un nouveau scandale remet sur le devant de la scène la difficulté pour le géant Facebook à garantir à ses utilisateurs que les « publicités ciblées » ne comportent aucun caractère discriminatoire. En effet, The Telegraph rapporte que de nombreux jeunes LGBT britanniques se sont vus ciblés par du contenu culpabilisant et haineux défendant l’idée que l’homosexualité pouvait être « soignée ».

Incompréhension et colère

Interrogée par le média britannique, Tessa Ann Schwartz a affirmé avoir vu apparaître sur son fil d’actualité une vidéo intitulée « l’homosexualité était mon identité » faisant l’apologie de thérapies de conversion. Aussi appelées thérapies de réorientations sexuelles ou thérapies réparatrices, ces pratiques visant à changer l’orientation sexuelle des LGBT+ sont vivement dénoncées par les associations.

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La jeune femme a vu apparaître la vidéo juste après s’être abonnée à plusieurs pages destinées principalement à la communauté LGBT+. Blessée, celle-ci ne comprend pas… « Pourquoi Facebook a laissé ces groupes viser les personnes LGBT+, alors qu’ils cherchent sur le réseau social une communauté et une information juste, être visées par des vidéos de haine et culpabilisation masquées en amour ». En faisant défiler les actualités, un jeune homosexuel a quant à lui vu s’afficher la publicité d’un livre intitulé « Aider les hommes attirés par les hommes ». En cliquant sur le lien, il a été renvoyé sur le site de la maison d’édition chrétienne West Brow Press. Utilisant la fonction du réseau social leur permettant de voir « pourquoi ce lien apparaît », les jeunes gens reçurent comme justification leur « intérêt pour les questions de genre ».

Tentatives de saper la confiance en soi

Les associations LGBT+ se sont insurgées de ce qu’elles considèrent comme une « tentative insidieuse pour saper la confiance en soi de la communauté LGBT qui verrait ce matériel ».

Facebook avait déjà été accusé de faire des profits sur des publicités homophobes en 2017. Le Times avait en effet rapporté que des publicités ciblées d’une église évangélique avaient « promis l’enfer » aux personnes LGBT+ s’ils ne se tournaient pas vers une thérapie de conversion.

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Le géant du web, qui dans sa politique affirme qu’aucun contenu publicitaire ne peut discriminer, harceler, provoquer ou dénigrer ses utilisateurs, a entre-temps supprimé ces publicités culpabilisantes et discriminatoires. Mais ce nouveau scandale remet encore une fois en question la capacité de la plate-forme à être transparente et à contrôler ce qui est publié sur celle-ci. Le débat entourant l’utilisation de ces publicités ciblées, qui apparaissent en fonction des informations personnelles des utilisateurs, ne cesse de faire rage depuis le scandale Cambridge Analytica.

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