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Quand la Belgique veut corriger l’Académie française

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La proposition de simplification voulue par deux enseignants belges arrangerait bien nos petits écoliers. | © Unsplash, Santi Verdi.

Société

La fédération Wallonie-Bruxelles propose de simplifier les règles du tant redouté « accord du participe avec l’auxiliaire avoir », jugées trop compliquées et grammaticalement dépassées. Et invite la francophonie à faire de même.

C’est la rentrée et certains de nos petits écoliers ne vont pas tarder à s’arracher les cheveux avec les règles grammaticales de notre chère langue française. Une d’entre elles va peut-être disparaître, pour leur plus grand bonheur : la fameuse règle de l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir.

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C’est le très sérieux Conseil de la langue française et de la politique linguistique de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui, avec de nombreuses autres instances, recommande cette simplification, relayée ce lundi 3 septembre dans des tribunes publiées par Le Soir et Libération. À l’initiative, on retrouve deux Belges professeurs de français, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron. Ces deux courageux enseignants osent s’attaquer à l’Académie française, un pari culotté.

Désacraliser la langue française

« Employé avec l’auxiliaire avoirle participé passé s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct quand celui-ci le précède. Mais si le complément suit le participe, il reste invariable », nous dit la règle. Si la règle venait à être modifiée, nous ne dirions plus « les tartines que j’ai mangées », mais « les tartines que j’ai mangé ». Beaucoup plus facile, en effet, quand on sait que même nous journalistes, ça nous arrive de nous tromper… D’autant plus qu’il existe une exception qui complique tout : si un «en» s’invite dans la formulaton, le participe passé reste invariable. « Des tartines, j’en ai mangé. » Compliqué, on vous l’accorde.

Mais pourquoi ce changement maintenant ? L’origine de la règle est rarement connue et remonte au Moyen Âge, et ne peut donc être expliquée. Ensuite, l’orthographe est une chose vivante à moins de considérer que nous parlions une langue morte.

Apprendre la grammaire autrement

«Le temps moyen consacré aux règles actuelles est de 80 heures, pour atteindre un niveau dont tout le monde se plaint. Il serait tellement plus riche de le consacrer à développer du vocabulaire, apprendre la syntaxe, goûter la littérature, comprendre la morphologie ou explorer l’étymologie, bref, à apprendre à nos enfants tout ce qui permet de maîtriser la langue plutôt qu’à faire retenir les parties les plus arbitraires de son code graphique», expliquent les signataires dans leur tribune.

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À une époque où la langue française est constamment menacée, cette proposition de simplification va en ennuyer plus d’un. D’ici à ce qu’une décision définitive soit prise, il faudra toujours s’évertuer à respecter la sacro-sainte grammaire.

 

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