#NotInMyName : Une deuxième famille en centre fermé, les associations se mobilisent

#NotInMyName : Une deuxième famille en centre fermé, les associations se mobilisent

centre fermé

Le centre fermé à Steenokkerzeel, un environnement néfaste pour le développement de l'enfant. | © BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE

Société

Mardi soir, Theo Francken a confirmé qu’une deuxième famille était enfermé à Steenokkerzeel. En faveur d’une politique migratoire plus humaine, et qui n’enferme pas des enfants, plusieurs associations appellent à la mobilisation.

Le collectif #NotInMyName appelle à un grand rassemblement le 14 septembre après l’enfermement d’une nouvelle famille au centre 127bis de Steenokkerzeel. L’invitation à la mobilisation a été lancée sur les réseaux sociaux : « Amenez vos poussettes, vos landaus, vos pancartes, vos couches sales ou tout autre moyen d’exprimer votre ras-le-bol. Pas d’enfant en centre fermé », peut-on lire sur la page Facebook de l’événement. D’autres associations en faveur d’une politique migratoire plus humaine ont également décidé de lui emboîter le pas.

Une nouvelle famille – une mère d’origine azerbaïdjanaise et ses cinq enfants – est détenue depuis lundi 3 septembre au centre 127 bis de Steenokkerzeel en vue de son expulsion. Elle vient s’ajouter à une première famille, originaire de Serbie avec quatre enfants, enfermée depuis le 14 août.

Semira Adamu, toujours dans les mémoires

Ce retour d’enfants en centre fermé est dénoncé par une kyrielle d’associations parmi lesquelles le Ciré, la Ligue des Droits de l’Homme, la plate-forme citoyenne de soutien aux réfugiés et le collectif #NotInMyName. Ce dernier invite les citoyens à un sit-in le 14 septembre prochain, une date qui correspondra à un mois complet d’enfermement pour la première famille et à 10 jours de détention pour la seconde. Hasard du calendrier, la mobilisation est prévue quelques jours avant le 20e anniversaire de la mort de Semira Adamu, cette jeune Nigériane réfugiée en Belgique était morte étouffée avec un coussin le 22 septembre 1998 lors d’un rapatriement forcé. Un rassemblement à son hommage est par ailleurs prévu le 23 septembre.

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Environnement néfaste pour l’enfant

« Le gouvernement nous martèle que c’est légal d’enfermer des enfants. Tout comme l’étaient à l’époque les techniques utilisées pour calmer les demandeurs d’asile déboutés lors d’une expulsion. Mais nous, on estime que ce n’est pas légal. C’est pourquoi la Ligue des Droits de l’Homme a introduit un recours devant le Conseil d’Etat contre l’arrêté royal qui ré-autorise depuis peu l’enfermement de familles en séjour irrégulier avec leurs enfants », indique la présidente de la Ligue des Droits de l’Homme, Olivia Venet.

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La Ligue des Droits de l’Homme et le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers) remettent en outre en avant les conclusions apportées par une pédiatre ayant visité l’unité du centre 127bis où la famille serbe est enfermée. La médecin avait relevé un environnement néfaste pour le développement des enfants. Et les associations de rappeler que, théoriquement, la détention doit être la plus courte possible. « Or, ce n’est pas le cas puisque la famille serbe n’a toujours pas été expulsée et elle est maintenant détenue depuis plus de 20 jours », constate Olivia Venet.

Avec Belga

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