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Les violences policières envers les migrants, répertoriées par une ONG

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"C’est devenu banal et quasi quotidien", estime Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme citoyenne. | © BELGA PHOTO JEAN-MARC HERVE ABELARD

Société

L’ONG Médecins du Monde a recueilli plusieurs centaines de témoignages de migrants « qui font état de violences policières » à Bruxelles, rapporte L’Avenir lundi.

Lors de ses consultations sanitaires, l’ONG Médecins du Monde recueillait beaucoup de déclarations spontanées des migrants évoquant des faits commis par des policiers, explique Alexandre Seron, porte-parole de l’ONG. « Fin 2017, on a décidé d’en parler. À Bruxelles, chaque jour, on recueillait au moins deux témoignages de violence » : intimidation, saisie d’objets, confiscation de smartphones… L’ONG a alors mis un dispositif permettant de recueillir le témoignage sans pour autant le suggérer. Ceci a permis de recueillir plusieurs centaines de témoignages « et qui font état de violences policières ». Ce travail d’enquête est en cours de finalisation et devrait être présenté dans les prochaines semaines.

Lancer un signal aux autorités

« Oui, il y a de la violence dans les commissariats, mais ce n’est pas le cas partout. C’est peut-être le cas d’une minorité dépassée par les événements », souligne le porte-parole. Il souligne que la démarche a pour but de faire naitre un dialogue avec le gouvernement. « C’est peut-être gênant de découvrir qu’il ne s’agit pas de faits isolés. Et si on dépasse cette analyse, l’idée est d’inviter tous les acteurs à dialoguer pour régler cette situation ».

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Interrogé par l’Avenir, Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme citoyenne, estime « qu’il y a un vrai malaise dans le corps de police. De plus en plus de policiers parlent d’instrumentalisation de leur métier ». D’après lui, tous les policiers ne seraient plus en phase avec cette traque des migrants. Et il analyse les violences qu’il constate sur le terrain. « C’est devenu banal et quasi quotidien. Un MENA (mineur) a été privé de liberté pendant 72 h. Il avait un iPhone 6S que je lui avais donné : on lui a confisqué en prétextant qu’il l’avait sûrement volé ».

Par ailleurs, cette semaine, une plainte a aussi été déposée au Comité P par une citoyenne hébergeant des migrants. Dans le PV de plainte, elle rapporte comment un jeune Érythréen, interpelé dans une gare flamande, se serait fait voler une somme de 1 000 euros par des policiers.

Avec Belga

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