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Pourquoi la Chine veut interdire la diffusion de contenus religieux en ligne

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De nouvelles règles destinées à encadrer la liberté de culte sont déjà en vigueur depuis le 1er février en Chine. | © AFP PHOTO / Johannes EISELE

Société

Envoyer la photo d’un baptême, de cérémonies bouddhistes, ou d’une messe sur les réseaux sociaux devrait bientôt être interdit en Chine en vertu d’un projet de réglementation, dernier tour de vis en date visant les religions.

La Chine renforce encore un peu plus son contrôle sur les religions, en voulant interdire la diffusion de contenus religieux en ligne. « Aucune organisation ou individu ne peut, sous quelque forme que ce soit (texte, photo, son, vidéo, etc.) diffuser en direct ou en différé sur internet des vénérations de Bouddha, des brûlages d’encens, des ordinations de bonzes, des récitations de soutras, des offices religieux, des messes, des baptêmes ou tout autre activité religieuse », prévoit le texte. En cas d’infraction, les organisations incriminées pourraient être interdites. Le document ne précise en revanche pas les sanctions susceptibles de viser les particuliers.

Les organismes dûment autorisés pourront continuer à publier certains contenus à caractère religieux, mais dans des contours très définis, selon la proposition de loi annoncée par le Bureau national des affaires religieuses.

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Pour lutter contre « l’extrémisme »

Ce texte qui comprend 35 articles vise à promouvoir la « stabilité sociale » et à lutter contre « l’extrémisme« . Il est publié à l’heure où le Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir s’inquiète d’une possible poussée de l’islamisme radical, notamment dans la région du Xinjiang (nord-ouest), où la moitié de la population est de confession musulmane.

Le projet de loi se présente comme un rempart contre le prosélytisme religieux. Il propose ainsi d’interdire « la distribution de produits religieux », « l’incitation faite aux mineurs à participer à des activités religieuses » ou encore les « outrages aux croyants et aux non-croyants ». Le texte est officiellement ouvert aux commentaires du public. Mais le PCC n’apporte en général que de très légères modifications à ce type de textes législatifs.

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AFP PHOTO / Johannes EISELE

Pour la sécurité nationale

De nouvelles règles destinées à encadrer la liberté de culte sont déjà en vigueur depuis le 1er février en Chine. Elles interdisent notamment les dons venant de l’étranger et restreignent les conditions d’ouverture des écoles confessionnelles. En octobre dernier, le Parti communiste chinois avait appelé lors d’un Congrès à combattre tout ce qui pourrait menacer l’autorité du régime et la « sécurité nationale », explique le Figaro. D’où sa volonté de « siniser » les croyances répandues sur le territoire. Le numéro un chinois avait insisté pour que les religions se « conforment mieux » aux « réalités chinoises » et à la « société socialiste ».

Au Xinjiang, province où vivent quelque 10 millions d’Ouïghours, de confession musulmane, les autorités ont notamment interdit depuis 2017 le port du voile intégral, appellent à dénoncer les « barbes anormales » et découragent l’éducation religieuse pour les enfants et les adolescents ou l’observance du jeûne du ramadan pour les fonctionnaires et les étudiants.

En 2016, les autorités de la province du Zhejiang (est) ont mené une campagne controversée visant à retirer les croix du sommet de nombreuses églises chrétiennes locales.

Avec Belga

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