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Être transgenre serait « contagieux » : Une étude sous le feu des critiques

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Les résultats suggèrent que parfois, "les adolescents qui sont amis avec des personnes transgenres en viennent à douter leur identité de genre". | © Unsplash / Kaitlyn Baker

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En réponse aux critiques, la Plateforme scientifique Plos One va réévaluer l’étude. 

Les résultats de la recherche menée par Lisa Littman, chercheuse à l’université américaine Brown, suggèrent qu’il arrive que les « adolescents qui sont amis avec des personnes transgenres en viennent à douter leur identité de genre ». Dans ses conclusions, la chercheuse qualifie le phénomène de «déclenchement rapide de la dysphorie de genre » (Rapid Onset Gender Dysphoria (ROGD) en anglais). Elle affirme l’avoir observé sur « un groupe d’amis sur 3 étudié ».

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Méthode critiquée

L’étude a été immédiatement vivement critiquée, notamment pour sa méthode. Interrogé par De Volkskrant, Guy T’Sjoen, professeur d’endocrinologie à la tête de l’hôpital universitaire UGent critique premièrement le fait que Lisa Littman n’a pas interviewé les jeunes mais leurs parents. De plus, la chercheuse a sélectionné ses sujets d’étude à partir de forums internets dédiés aux parents se posant des questions sur l’identité de genre de leurs enfants. « Il n’est alors pas étonnant que ceux-ci pensent que les jeunes ont été ‘contaminés' », explique-t-il.

Le professeur explique en outre que les parents qui viennent d’apprendre que leur enfant a des doutes sur son identité de genre traversent souvent une phase de déni, durant laquelle ils se rendent sur ce genre de forums afin de se rassurer. Le docteur considère donc plutôt le « déclenchement rapide de la dysphorie de genre » comme un faux-phénomène que les parents projettent sur leurs enfants qui ne leurs parlent pas toujours de leurs doutes sur leur identité de genre dès le début de ceux-ci.

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Pas une condition médicale

Dans un communiqué publié en réponse à l’étude américaine, l’association mondiale pour la santé transgenre (WRATH) insiste sur le fait que le « déclenchement rapide de la dysphorie de genre » n’est pas à catégoriser comme un phénomène médical mais qu’il est plutôt à considérer comme une « proposition de phénomène médical » qui sera suivie d’autres recherches (ou pas).  La présidente de l’association Transvisie, Lisa van Ginneken, va également dans ce sens : « Nous ne reconnaissons absolument pas cette idée d’une identité de genre changeant soudainement ».

Ces critiques ont poussé Plos One à réévaluer la contribution de Littman, fait rare pour une plafeforme scientifique qui évalue chaque nouveau contenu avant sa publication. La chercheuse Lisa Littman à l’origine de l’étude a tout de même reçu le soutien de certains scientifiques, notamment de l’épidémiologiste Hacsi Horvath : « N’est-il pas important de comprendre d’où viennent  les doutes soudains liés au genre ? ». Une pétition défendant la liberté de recherche -signée par quelques parents interrogés pour l’étude- a également été lancée.

Mots-clés:
science étude genre
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