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Rio est soupçonnée d’avoir acheté ses Jeux

En 2009, le Brésil se voit attribuer l'organisation des JO | © Rio

Société

Après l’affaire Petrobras, la destitution de Dilma Roussef au profit de Michel Temer, les stades olympiques délabrés, un autre scandale frappe le Brésil. Le quotidien français « Le Monde » a révélé que la justice française dispose d’éléments concrets démontrant le caractère illégitime du processus d’attribution des Jeux olympiques. Trois jours avant l’élection de la ville hôte, un homme d’affaires brésilien aurait versé 1,5 million de dollars au fils de Lamine Diack, un membre influent du Comité olympique.

Le Brésil a-t-il triché pour obtenir l’organisation des Jeux olympiques 2016 ? Alors que Paris est toujours en course pour l’attribution de l’édition de 2024, la France pourrait bien entâcher l’image du Comité olympique (CIO) qui donnera le nom du gagnant le 23 septembre 2017. Le Monde déclare que la justice française détient des preuves qui prouvent le processus illicite de l’attribution des JO de Rio 2016 mais également de Tokyo 2020. Enquêtant depuis 2015, les magistrats soupçonnent que la « Cité Merveilleuse » aurait acheté ses votes. Depuis des mois, le parquet national financier travaillait déjà sur des soupçons de corruption sur la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), la plus grosse ­fédération de l’olympisme.

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Les accusations se tournent vers la société Matlock Capital Group, implantée aux îles Vierges britanniques et présidée par Arthur Cesar de Menezes Soares Filho, un richissime homme d’affaires brésilien. Le 29 septembre 2009, quelques jours avant l’attribution des JO, ce dernier aurait versé 1,5 million de dollars au fils de Lamine Diack, alors président de l’IAAF et membre du CIO jusqu’en 2013. Ce jour-là, la compétition est serrée entre les quatre villes candidates. Au premier tour, Madrid remporte la première place (28 voix), Rio (26), Tokyo (22) et Chicago est classée dernière avec 18 voix. Basculement au deuxième tour : la ville carioca s’impose et bat la capitale espagnole avec 66 voix contre 32.

Autre révélation du quotidien Le Monde: le versement de 300 000 dollars, le jour de l’attribution de ces mêmes JO de Rio, sur le compte offshore de Frankie Fredericks, ex sprinteur namibien,  membre des commissions d’évaluation des Jeux 2012 et 2020, et aujourd’hui président de la commission d’évaluation… des Jeux 2024.

Cette dénonciation fait écho à celle du média britannique The Guardian, qui avait dévoilé en mars 2016 que le même businessman brésilien avait fait parvenir des colis dans le but d’influencer les votes et l’attribution des Jeux de 2016.

 

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