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Quand les mouvements suprémacistes blancs utilisent les sports de combat comme moyen de recrutement

MMA

"Sur la scène nationaliste , c’est un style courant : être sain, avoir un beau corps. On aime ça , et c’est une chose que les combattants MMA aiment eux-aussi". | © EPA/DIEGO AZUBEL

Société

La nature violente de cette discipline, avec la capacité des suprémacistes blancs à s’y épanouir et s’y développer font des clubs de combat une plateforme unique pour défendre leurs idées extrêmes.

 

Si les réseaux sociaux sont aujourd’hui un moyen de recrutement connu des mouvements extrêmistes , il existe un autre lieu très prisé par les suprémacistes pour propager leurs idées d’extrême droite : les clubs de combat. Et, plus exactement, les clubs de MMA. Les « Mixed Martial Arts » , « arts martiaux mixtes » en français, prônent l’utilisation de techniques mixtes lors de combats. D’après The Guardian , la nature violente de cette discipline , avec la capacité des extrémistes à s’y épanouir et s’y développer font des clubs de combat une plateforme unique pour défendre des idées extrêmes.

« C’est une question de mode » , exlique Thorsten Heise , chef du file du groupe d’extrême droite NPD interrogé par Vice News. « On voit beaucoup de jeunes en Europe qui ne sont pas intéressés par la drogue , mais par le combat sur le ring , avec des règles. Sur la scène nationaliste , en particulier, c’est un style courant : être sain, avoir un beau corps. On aime ça , et c’est une chose que les combattants MMA aiment eux-aussi ».

Les suprémacistes font en effet des parallèles entre leur régime d’entraînement et l’appropriation d’une fausse culture médiévale et historique qui sert leurs objectifs racistes. Certains groupes vont jusqu’à considérer ces lieux d’exercice comme « des salles d’entraînement pour les futures guerres des races » , explique The Guardian. Ils utilisent les mythologies romanes et germaniques pour romancer leur ferveur nationaliste , lavant le cerveau des jeunes , et y faisant germer l’idée qu’ils doivent défendre leur patrie contre une menace commune : les étrangers.

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Rise Above the Movement : « premier groupe MMA de la droite alternative »

Suprémacistes
Contre-protestants d’un « White Civil Rally », Charlottesville, 12 août 2018 © Reporters / Mega

Le groupe suprémaciste blanc Rise Above the Movement (RAM) fait partie de ces groupes extrêmes. Ses adhérents s’infiltrent régulièrement dans les manifestations afin d’y affronter ceux qui ne partagent pas leur idéologie ultra nationaliste. RAM est notamment connu pour avoir compté un grand nombre de ses adhérents présent lors de la manifestation suprémaciste à Charlottesville qui avait fini par la mort d’un contre-manifestant , il y a un an. Par après, le groupe a aussi manifesté avec des affiches au message univoque « RAPEFUGEES stay away ARE NOT WELCOME » lors d’un rendez-vous du comité de justice raciale à San Benerdino.  Ils paradent généralement le visage masqué, les mains enrobées de tape, prêts au combat. Et ils filment et partagent par après leurs « exploits » sur les réseaux sociaux.

Le groupe, mené par le boxer Robert Rundo et Benjamin Daley , se décrit comme le « premier club MMA de la droite alternative ». Basé dans le sud de la Californie , il se targue d’avoir plus de 50 membres. Ceux-ci s’entraînent à différents sports de combat tels que la boxe et le MMA qu’ils « pratiquent ensuite lors des manifestations et combats de rue ».

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Un combat de MMA le jour de l’anniversaire d’Hitler

Lors du festival d’extrême droite « Schield and Ford », organisé le jour de l’anniversaire d’Hitler en Allemagne, un combat de MMA avec des combattants issus des groupes suprémacistes les plus connus a été organisé  par le groupe MMA « Kampf der Nibelungen ». Sur le site de ce dernier, on peut lire « les combattants ont toujours été ceux qui défendaient leur clan, leurs tribu, leur patrie ». Le club a presque quadruplé le nombre de ses membres depuis 2013. Et ces dernières années, les groupes extrême-droite ont été présents au plus haut niveau de la discipline, notamment au Ultimate Fighting Championship (UFC) et Strikeforce. Certains combattants de l’UFC ont été en outre sponsorisés par Hoelzer Reich, une marque extrême droite connue pour faire l’apologie de symboles extrémistes.

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