USA : Des employées McDonald’s en grève contre le harcèlement sexuel

USA : Des employées McDonald’s en grève contre le harcèlement sexuel

McDonald MeToo

Les employées estiment qu'il n'y a pas eu de réaction adéquate de McDonald's face aux nombreuses plaintes. | © AFP PHOTO / Joshua Lott

Société

Aux USA, des travailleuses de la chaîne de fastfood aux emplois souvent précaires dénoncent le harcèlement « systémique » dont elles sont victimes au quotidien. Elles ont été nombreuses à se mettre en grève ce 18 septembre pour protester contre le manque de réaction de l’entreprise face à un problème connu. 

 

Interrogée par The GuardianTeresa Cervantes -employée chez McDonald’s- raconte avoir eu un manager connu (même du haut management) pour faire pression sur ses employées afin d’avoir des relations sexuelles avec lui sur leur lieu de travail. Dans la suite du mouvement #metoo, la multinationale a été vivement critiquée par ses employées qui dénoncent harcèlement et attouchements. Plusieurs dizaines d’entre elles ont aussi porté plainte. Mais il n’y a pas eu de réaction adéquate de la multinationale, estiment-elles. Ce mardi, des employées se sont mises en grève et ont manifesté dans dix villes du pays. Elles réclament l’instauration d’un comité d’entreprise avec des travailleurs, des représentants de la boite et des organisations de défense des droits des femmes. 

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Culture de non-respect et d’exploitation

« Nous brisons le silence, nous construisons l’histoire », raconte Cervantes, qui a de plus une fille employée par la chaîne de fastfood. « Ainsi, le futur de la jeunesse sera meilleur ». Adriana Alvarez, une autre employée, ajoute : « Le public ne réalise pas ce qui se passe derrière le comptoir où nous le servons. Dans les toilettes, dans les vestiaires. J’espère que grâce à cette grève, nous serons entendues ». Pour les employées, ce manque de considération pour les plaintes dénonçant le harcèlement sexuel est aussi révélateur d’une plus large culture de non-respect et d’exploitation de ses travaillleurs.

Une recherche conduite en 2016 par Hart Research Associate en 2016 a révélé que 40% des femmes employées dans les fastfood avaient été victimes de harcèlement sexuel. Elles ont affirmé ne pas avoir osé porter plainte par peur de perdre leur emploi: « On n’ose rien dire car en fin de compte nous avons besoin de nourrir nos familles », explique une autre gréviste. Hier, des manifestations et mouvements de grève ont eu lieu à Durham, Kansas City, Missouri, Los Angeles, Miami, Milwaukee, New Orleans, Orlando, San Francisco et St Louis.

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