Aiguilles dissimulées dans des fruits : le nouveau type de terrorisme qui envahit l’Australie

Aiguilles dissimulées dans des fruits : le nouveau type de terrorisme qui envahit l’Australie

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Sur les réseaux sociaux aussi, on se mobilise pour venir en aide aux producteurs, notamment avec le hashtag #smashastrawb ("écrase une fraise") qui enjoint les consommateurs à continuer à manger des fraises, en leur donnant parfois des astuces pour être sûr de ne pas avaler d’aiguille. | © Capture d'écran Twitter / @leah_galvin.

Société

L’affaire prend de l’ampleur et la paranoïa s’est emparée de tout un pays.

On vous en parlait il y a quelques jours : plusieurs aiguilles à coudre avaient été découvertes dans certaines variétés de fraises vendues en supermarché. Après celles-ci, c’est au tour des pommes, bananes et mangues d’être contaminées. Cette étrange épidémie s’abat sur l’Australie depuis une semaine. Survenue en premier lieu dans l’État du Queensland, elle se propage maintenant à d’autres États australiens.

Un mauvais coup pour la filière

La population est prise d’une psychose telle que des centaines de kilos de fruits sont tout simplement jetés à la poubelle, quand d’autres citoyens scrutent et analysent minutieusement leurs fruits avant de les déguster … Du côté des producteurs de fraises, très nombreux en Australie, ce fait divers a des conséquences bien plus dramatiques. Les prix de gros ont chuté de manière drastique et certains ont dû se débarrasser de quantités colossales du fruit rouge. La fille de l’un d’eux a notamment partagé sur Facebook une vidéo de dizaines de milliers de fraises jetées à la poubelle. « En trois jours, on a tout perdu », commente-t-elle.

Pour éviter d’en arriver à de telles décisions, certaines productions ont investi dans des détecteurs à métaux. La Première ministre de l’État du Queensland a également annoncé mardi la mise en place d’un fonds d’un million de dollars pour venir en aide à l’industrie de la fraise. Certaines enseignes comme le géant Woolworths ont temporairement retiré de leurs rayons les aiguilles à coudre.

Du « terrorisme »

S’exprimant mercredi sur le sujet, le Premier ministre Scott Morrison n’a pas mâché ses mots, évoquant un acte « terroriste »« On ne rigole pas », a-t-il déclaré dans un discours télévisé. « Ce n’est pas acceptable, ce n’est pas du tout acceptable dans ce pays », a-t-il ajouté, qualifiant l’auteur de « lâche » et de « larve ». En durcissant les sentences, ce type de crime serait comparable « à des choses comme la possession d’images pédophiles et le financement du terrorisme. C’est vous dire combien je prends l’affaire au sérieux », a ajouté le chef du gouvernement. Il a réclamé un durcissement de la législation pour porter à 15 ans la peine encourue par les auteurs de contamination alimentaire. « Recommencez à acheter des fraises comme auparavant, et prenez simplement les précautions qu’il faut. Faites une pavlova ce week-end et mettez-y des fraises », a-t-il suggéré


#smashastrawb

Sur les réseaux sociaux aussi, on se mobilise pour venir en aide aux producteurs, notamment avec le hashtag #smashastrawb (« écrase une fraise ») qui enjoint les consommateurs à continuer à manger des fraises, en leur donnant parfois des astuces pour être sûr de ne pas avaler d’aiguille.


Des « copycats »

Alors, s’agit-il du même homme, d’auteurs organisés en réseau ? Ou le premier cas, largement relayé dans la presse, a-t-il simplement fait des émules ? Mardi, une femme de 62 ans a été prise la main dans le sac alors qu’elle tentait de mettre une aiguille dans une banane. Un jeune garçon a également été interpellé après avoir admis l’avoir imité « pour faire une blague ». Des aiguilles ont également été découvertes dans une pomme et une banane, sans doute placées par des déséquilibrés.

Lire aussi > Pourquoi les fraises australiennes sont-elles infestées d’aiguilles ?

Une chose est sûre : la chasse à l’homme est lancée. L’État du Queensland a offert une récompense de 60 000 euros pour toute information concernant l’auteur des faits. « Il y a plusieurs scenarii complexes qui peuvent être imaginés. Nous les analysons tous et cela prend du temps », a expliqué Ian Stewart, de la police du Queensland.

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