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The Real Women Project : les corps des femmes, tels qu’ils sont

Real Women Project

The Real Women Project vise à montrer le corps féminin tel qu'il est, en opposition à la représentation lissée des femmes dans les médias. | © Instagram real_women_project

Société

Ce week-end, Ophélie, Marie et Sybille vous invitent à rencontrer  « de nouvelles femmes toutes aussi sublimes les unes que les autres, avec leur force, leurs histoires, leurs creux et leurs jolies bosses ! » 

 

The Real Women Project, ou le « Projet des vraies femmes » vise à montrer le corps féminin tel qu’il est, en opposition à la représentation lissée des femmes dans les médias. Il a été initié par Marie Brabant, qui tient un institut de beauté. Et l’idée a immédiatement séduit Ophélie Longuépée, photographe et Sybille Wallemacq, qui travaille dans la mode durable. Le résultat de cette association prometteuse est une véritable bouffée d’air frais : des photos belles, émouvantes, sans mensonge. Le projet tient la promesse de montrer les corps des femmes tels qu’ils sont : avec leur histoire, leurs formes, taches, vergetures et asymétries. Le tout cadré de façon esthétique, avec certains messages inscrits sur des corps portant aussi de la lingerie … Durable.

« Il n’y a aucune femme qui est aussi lisse que dans les magazines ».

Au micro de la RTBF ce vendredi 21 septembre, Marie explique le point de départ du projet : « J’ai un institut de beauté et j’ai un compte Instagram sur lequel je mets régulièrement des photos. Et j’avais organisé un shooting photo avec une jeune mannequin de seize ans. Et au moment où j’ai posté mes photos je me suis dit ‘Mais ça correspond à aucune de nos clientes. J’ai aucune cliente qui fait 1 mètre 80 et pèse 50 kilos' ».

Lui est alors venu l’idée de montrer les « vraies femmes. Celles qui viennent à mon institut de beauté, celles qui sont autour de nous : nos mamans, nos copines. Il y en a peu qui remplissent tous les standards ». Et elle ajoute, en tant que maquilleuse, que « même les mannequins qui viennent à nous, parfois on ne les reconnaît pas avant retouche. Il n’y a aucune femme qui est aussi lisse que dans les magazines ».

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Elle a alors fait part de son projet à Sybille et Ophélie. Ancienne photographe de mode, Ophélie Longuépée s’est éloignée d’un milieu qui ne lui plaisait plus.  Pour le projet, elle a mis en évidence des aspects généralement considérés comme des défauts pour les femmes : vergetures, cellulite. Voir le résultat est pour les modèles un véritable travail d’acceptation : « Lorsqu’on se prend en photo, on va toujours essayer de se montrer sous son meilleur jour. Instagram, Facebook : on va utiliser des filtres, des poses. On se voit d’une certaine manière, et cela en devient délicat de se voir nue », explique la photographe lors de l’inauguration de l’expositon, ce samedi 22 septembre.

 

Aussi adressée aux hommes

Un travail d’acceptation pour les femmes photographiées, et qui encouragera celles qui le verront à mettre au placard leurs complexes. Mais l’exposition s’adresse aussi aux hommes . « C’est bien en tant que fille de voir ce genre de chose pour se rendre compte qu’on est « normales ». Mais souvent, je me dis que les mecs devraient aussi voir ça. Être conscients de ce que c’est un, vrai corps de femme. Cela arrive souvent que certains disent ‘oh là y a de la cellulite’, la mine dégoutée », s’exclame Inès, présente lors du vernissage de l’exposition ce samedi 23 septembre. « C’est sûr, et pour ça il faut que les médias suivent, qu’ils montrent ce genre d’images plus régulièrement », souligne Ophélie.

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C’est le deuxième shooting organisé pour le projet. Il vise en outre également à conscientiser les marques et à les pousser à montrer les femmes telles qu’elles sont. Sybille met également un point d’honneur à choisir de la lingerie « durable », dans la ligne du projet. Des créateurs belges comme Marie Van Gils sont également mis à l’honneur.

Il ne vous reste que quelques heures pour visiter cette seconde exposition, qui se déroule jusque 18 heures à l’espace Vanderborght, au centre de Bruxelles. En bonus, elle a lieu en même temps qu’un vide dressing et un marché des créateurs. Dans tous les cas, The Real Women Project réussit déjà à son niveau le pari de changer la représentation des femmes. À suivre !

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