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Au Moyen Âge, les médecins donnaient au plaisir féminin une place centrale

Plaisir féminin

Les médecins, au Moyen Âge, avaient de précieux conseils conjugaux pour les couples. | © Charles Deluvio / Unsplash

Société

Le sexe, sujet tabou au Moyen Âge ? Pas exactement ! Si la forte influence de l’Église sur la société réprimait effectivement les sexualités « déviantes », les médecins de l’époque ,soucieux de garantir la procréation, avaient de précieux conseils pour les couples. Et le plaisir féminin y était central !

 

Le sexe est-il resté sujet tabou jusqu’en 1968 ? Loin de là ! Slate rapporte en effet que les médecins, au Moyen Âge, avaient de précieux conseils conjugaux pour les couples. L’un d’entre eux, Constantin l’Africain, a été jusqu’à écrire un traité entier sur le sujet, « le Liber de Coitu », au nom plutôt explicite. Et le médecin-philosophe perse Avicenne a développé, à travers son œuvre « le Canon de la Médecin » l’idée que faire l’amour est tout un art. Et le plaisir féminin en fait partie intégrante ! Au XIIIème siècle, son travail a représenté un véritable renouveau dans les milieux universitaires.

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L’orgasme féminin : indispensable pour avoir un enfant

Et le médecin perse était un véritable avant-gardiste du mouvement « t’as joui ». Dans son écrit, il indique qu’il  « n’est pas honteux pour le médecin de parler de l’augmentation du pénis ou du resserrement de la partie réceptrice, ainsi que du plaisir féminin, car ce sont des causes qui contribuent à la génération ». Il affirme également que le plaisir féminin est central pour garantir la fécondation, et surtout qu’il n’est pas honteux d’en parler puisque « atteindre l’orgasme permet d’avoir des enfants ».  Pour Avicenne, lorsque les époux jouissent en même temps, ils s’acquittent de leur dette envers dame Venus. Alors, seulement, ils seront en mesure d’avoir un enfant. Mais le médecin constate également que « d’ordinaire,la femme tarde plus que l’homme ». Il conseille alors à celui-ci de se retenir et surtout lui, donne de précieux conseils pour que la femme éprouve du plaisir.

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Préliminaires, zones érogènes, aphrodisiaques

Les conseils du praticien ont influencé énormément les médecins de son époque. Avicenne met l’accent sur l’importance du« ludus » (jeu) avant le coït entre l’homme et la femme, qui  doit selon ce dernier durer au moins une heure : « Il faut occuper ce temps jusqu’à ce que l’homme voie la femme passer de pâle à rouge, que sa respiration devienne un court instant plus fréquente ». S’il ne mentionne pas le clitoris, découvert en 1559, il relate en parlant du périnée, d’un « lieu d’immense plaisir ».

Ils encouragent également à utiliser « tout ce qui peut stimuler l’imagination » :  des « dirty talks », « regarder les autres couples ou même les animaux« . Plusieurs aphrodisiaques sont également mentionnés: le très connu gingembre et plus étonnant, les testicules de coq et fiel de chèvre. Finalement, il donne quelques indices pour l’homme pour s’assurer que sa partenaire a bien jouï, comme l’éclat du regard, les balbutiements, les gestes désordonnés et autres mouvements involontaires. À ce moment là, « l’homme pourra profiter des délices de l’amour ». À méditer !

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