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2 parents sur 3 publient des photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux

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Certaines règles de confidentialité élémentaires ont parfois encore du mal à faire l'unanimité chez les parents. | © Unsplash / Jessica To.

Société

Une étude française pointe le manque de préoccupation des parents quand il s’agit d’afficher leurs petits sur Facebook et Instagram.

La fierté d’être papa ou maman, de voir son petit qui grandit et grandit encore, faire ses premiers pas, taper dans son premier ballon, assister à la rentrée des classes. Comme c’est tentant de vouloir immortaliser tous ces moments et de les partager avec le monde entier pour signifier « regardez comme il est beau, comme il devient grand ! » Ce sentiment est facilement compréhensible pour tous les parents mais attention, ce petit jeu n’est pas sans conséquences.

9 parents sur 10 créent une empreinte digitale à leurs enfants

Une nouvelle enquête française vient ainsi tirer la sonnette d’alarme avec des chiffres préoccupants, comme le relève le site web de L’ADN. Selon elle, 30% des bébés ont une empreinte numérique avant même leur naissance car les parents annoncent la grossesse sur Facebook ou publient l’échographie sur Instagram. Aussi, cette empreinte digitale se forge au fur et mesure et un chiffre édifiant fait écho dans l’enquête : 90% des parents créent une empreinte numérique à leur enfant. Certains le font de pleine conscience, et ça peut rapporter gros : la chaîne Youtube du petit Ryan, américain de sept ans qui fait déjà des millions grâce à Youtube, et le profil Instagram du petit Coco en sont des preuves éclatantes (et assez flippantes).

 

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13% des parents seulement seraient vigilants

Encore pire, il apparaît que certains parents ne prennent pas la pleine mesure de ce qu’ils font en postant des clichés et autres vidéos de leurs chéris sur les réseaux. D’après le sondage, 36% des parents ont déjà utilisé la photo de leur enfant en guise de photo de profil. Deux tiers des sondés a déjà publié un cliché où l’on voit le visage d’un de leurs enfants. Et Ils ne sont que 13% à faire attention aux images qu’ils publient.

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Et les parents ne sont pas les seuls pointés du doigt. Ainsi, la famille et l’entourage jouent aussi un rôle non négligeable dans l’empreinte digitale de nos petits. Et encore une fois, certains n’y voient pas de soucis : 1 parent sur 3 autorise des proches à publier des photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux.

 

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Les entendre rire 🙌💙 #havefun #kids #souvenirsdegosse #charlie #alphonse #purelove

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(Privilégiez les photos qui en disent le moins possible)

Du bon usage des réseaux

L’héritage numérique des enfants est donc le résultat soit de l’indifférence des parents, soit de leur ignorance. 73% d’entre eux n’ont jamais abordé le sujet ni avec leur conjoint.e, ni avec leur famille et ou des amis. 1 parent sur 5 en a déjà parlé au sein de son couple. Seulement 7% des parents prennent le temps d’en discuter avec les premiers intéressés : les enfants. Inquiétant.

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Le Parisien rappelait en août les bons usages de la photo ou vidéo de ses enfants publiée sur les réseaux. Règle numéro une que beaucoup de parents ont apparemment pas mal de difficultés à assimiler : le consentement de l’enfant concerné. Autres conseils à prendre en compte : privilégier les réseaux dits « fermés » comme WhatsApp, vérifier les paramètres de confidentialité de la publication, sa géolocalisation, ne pas afficher de noms, éviter les situations embarassantes pour vos petits ou encore avertir les destinataires de la publication de ne pas la reposter.

Des risques biens réels

Des règles qui ont, parfois, encore du mal à faire l’unanimité chez les parents, malgré les risques de sécurité élevés comme le rappelle Metro« Ce genre d’images peuvent être utilisées pour collecter des informations personnelles telles que l’école, le lieu, le nom complet de l’enfant ou même les dates de naissance, afin de réaliser un tableau récapitulatif de leur identité », explique Raj Samani, scientifique en chef de la société de cybersécurité McAfee.

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Outre que le risque de voir certaines photos retrouvées dans des réseaux de pédopornographie, les enfants peuvent eux-mêmes subir les conséquences d’images publiées. En premier lieu à l’école, où d’autres élèves pourraient tout simplement les dénigrer. Et on sait trop bien comme le harcèlement psychologique à l’école fait des ravages, pouvant mener dans certains cas jusqu’au suicide. « Il y a eu de nombreux cas d’enfants ciblés par des intimidateurs en raison d’images partagées publiquement sans leur permission. Je comprends parfaitement le désir de tenir informés la famille et les amis, mais dans notre paysage numérique actuel, vous ne pouvez jamais être trop prudents. Les parents doivent réfléchir à deux fois à ce qu’ils partagent sur les réseaux sociaux, à leurs paramètres de confidentialité et à ceux qu’ils ont comme contact dans leurs réseaux sociaux, avant qu’il ne soit trop tard », conseille l’expert.

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