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Les « Theybies » : Quand des parents élèvent leur bébé dans un monde sans genre

Theybies

Pour les parents des "theybies", l'éducation non genrée encourage la transition dès l'enfance, qui est selon leur dires "beaucoup moins coûteuse". | © Unsplash

Société

« It’s a theyby », peut-on désormais lire sur des faire-part de naissances, principalement outre-Atlantique. Certains nouveaux parents progressistes font valoir le « gender neutral-parenting » ou la parentalité non genrée. 

 

L’éducation doit-elle être genrée ? Pour certains parents, la réponse est non. Convaincus qu’enfermer les enfants dans un genre dès leur naissance est nocif, ils ont même décidé de ne plus appeler leurs enfants « il » ou « elle » mais « iel » ou, en anglais, « they ». S’ils connaissent le sexe de leurs enfants, ils le taisent à l’extérieur et ne le révèlent par aucun attribut. Cela, afin de libérer leur enfant des étiquettes et attentes liées au genre, qui touchent selon eux les enfants dès leur naissance. Ils considèrent en effet qu’il est erroné de présumer que l’identité de genre correspondra forcément au sexe de l’enfant et préfèrent laisser à leurs enfants la liberté de décider de leur genre après quelques années de vie. Outre-Atlantique, ces enfants sont appelés les « Theybies ».

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« Sortir des rôles définis par le genre »

« Je suis fatiguée du modèle hétéronormatif et cisnormatif. Je suis fatiguée du patriarcat. Une des raisons pour lesquelles nous élevons nos enfants de cette façon est que les personnes intersexuées existent, tout comme les personnes transgenres et les personnes homosexuelles. Le sexe et le genre sont des constructions sociales, parce que notre société aime penser que 7 milliards de personnes devrait être réduit à il / elle », explique une maman interrogée par le New York mag. D’autres parents veulent effacer les limites posées par les stéréotypes de genre, qu’elles soient vestimentaires, récréatives ou même existentielles. Ils estiment également primordial de, dès la plus tendre enfance, promouvoir les discussions sur le sexe et le genre. Pour ces parents, une communication ouverte est primordiale afin d’ « éliminer les préjugés sexistes ».

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©  Unsplash

Transition plus facile enfant

Ces parents se rassemblent souvent en ligne, à travers des groupes Facebook notamment. L’un d’eux le « gender neutral parenting » ou « éducation non genrée », rassemble près de 2 000 membres. Mais s’ils sont de plus en plus nombreux, ils restent une minorité souvent incomprise. Certains groupes à la base ouverts ont été rendus privés, avec des règles strictes, parce qu’ils étaient « dépassés par les commentaires ».

Pour les parents convaincus, l’éducation non genrée encourage la transition dès l’enfance, qui est selon leur dires « beaucoup moins coûteuse » à l’individu. « Nous ne soutenons pas le « diagnostic » ou l’étiquetage du sexe, de l’identité ou de l’expression des enfants. Nous soutenons le fait de permettre aux enfants de s’exprimer et de prendre toute décision concernant leurs intérêts, leur sexualité, leur identité de genre ou toute forme de transition de leur choix », précise le groupe Facebook gender neutral parenting. L’autre intérêt est selon ces parents, que leur enfant aura une vision beaucoup plus large et certainement moins biaisée de la question du genre, et seront plus à même de se libérer des « diktats du genre et des stéréotypes ».

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