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Tags racistes sur les affiches électorales : Un professeur d’université tire la sonnette d’alarme

Racisme électoral

Affiche taguée de Karim Sheikh Hassan, 3ème de la liste Ecolo. | © Capture d'écran Facebook @UCLCRECO

Société

Ce mercredi 26 septembre, des affiches électorales ont été vandalisées dans la commune d’Etterbeek. Si les gribouillages sur les affiches moquant les candidats sont courants en période électorale, les vandales ont été (encore une fois) trop loin, provoquant une vague de critiques furieuses. Marc Verdussen, directeur du Centre de recherche sur l’État et la Constitution, se dit très inquiet du « risque de banalisation ». 

 

Depuis quelques semaines, on les voit se multiplier dans les rues et établissements. Même à l’ère du numérique, les affiches électorales restent moyen de campagne privilégié du niveau local. Leur rôle : mettre le citoyen en condition de l’élection, et imprimer dans sa mémoire certains noms et slogans des politiques. Le bémol est que, omniprésentes et faciles d’accès, elles sont aussi une cible facile pour les vandales lorsque les communes ne les protègent pas de grillages. Ce mercredi 26 septembre, la commune d’Etterbeek en a fait les frais.

Ecolo
Capture d’écran Facebook @ecologroenetterbeek

« Des propos odieux »

« Il aura donc fallu une heure pour voir émerger sur le visage de nos candidats des propos des plus odieux », a déploré le parti Ecolo-Groen sur sa page Facebook. Le 26 septembre ont été gribouillés sur les affiches électorales de plusieurs candidats verts des dessins racistes, antisémites, homophobes et même « grossophobes ». Ces derniers ont scandalisé la toile, y compris un professeur d’université, Marc Verdussen. Aussi directeur du Centre de Recherche sur l’État et la Constitution (CRECO), il a enseigné le droit à une des victimes des tags, Karim Sheikh Hassan, 3ème sur la liste Ecolo-Groen. Sur l’affiche de ce dernier, des petits malins ont ajouté des armes et dessiné une longue barbe. Un cas criant de racisme et stygmatisation. « Dicté par le devoir que nous avons, comme universitaires, d’être vigilants face aux turbulences qui traversent actuellement nos sociétés », le professeur Marc Verdussen a posté un message sur la page Facebook du CRECO.

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Chères étudiantes, chers étudiants,Ce message vous est adressé en priorité, tout au moins à celles et ceux qui suivent…

Publiée par CRECO – Centre de recherche sur l’Etat et la Constitution – UCL sur Vendredi 28 septembre 2018

L’acte de vandalisme est pour l’universitaire – qui précise s’exprimer à titre personnel – « insupportable ».  Les tags racistes sont une « injure à Karim, d’abord » mais, aussi une injure à la démocratie : « Moi, ça ne me fait pas rire du tout. Ce qui est très inquiétant, c’est le risque de banalisation. De telles humiliations se multiplient, au risque que nous nous en accommodions. Ce risque est d’autant plus avéré que plusieurs intellectuels (dont Zemmour est la figure emblématique, mais n’est malheureusement pas un phénomène isolé) tiennent aujourd’hui des propos irresponsables qui encouragent les amalgames et nourrissent la haine ».  

Actes banalisés

Des candidats d’autres listes de la commune d’Etterbeek comme le cdH, le PS-sp.a ou DéFi ont aussi vu leurs affiches vandalisées. Le bourgmestre de la commune Vincent De Wolf a porté plainte et a condamné des actes antisémites et racistes dans un communiqué : « J’ai ordonné, en ma qualité de Bourgmestre, que l’ensemble de ces inscriptions soient recouvertes et que les services de police prennent les mesures nécessaires à identifier le ou les auteurs de ces infractions ».

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Ces actes de vandalisme tendent malheureusement à se multiplier à l’aube des élections. Des faits similaires ont également été dénoncés à Hans, où des croix gammées ont été dessinées sur des affiches de candidats. Si la qualité d’un processus électoral se mesure « selon capacité des candidats et des électeurs à se respecter mutuellement » – toujours selon les dires de Marc Verdussen – , il y a encore du travail. 

 

 

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