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Inscriptions dans le secondaire : créer des écoles pour pallier au manque de places

En 2016, le jour de la rentrée, 138 élèves restaient sans école secondaire | © Elèves

Société

Ce lundi 6 mars, la course pour les inscriptions dans le secondaire est lancée en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les parents d’élèves peuvent à présent déposer le formulaire unique d’inscription (FUI) dans l’école de leur choix. Ils auront jusqu’au 26 mars pour le faire.  Faute de places dans les établissements, ils doivent également indiquer neuf écoles supplémentaires en ordre décroissant de préférences.

Pendant deux semaines, les instituts secondaires vont être submergés des dossiers d’inscription d’enfants de 6ème primaire qui passent en 1ère humanité. Dans l’ensemble, les demandes sont acceptées. Mais, à Bruxelles ou dans le Brabant Wallon,certaines écoles sont particulièrement convoitées. Contrairement à la Flandre, les adhésions ne reposent pas sur un  « Premier arrivé, premier servi ». Soit l’institut dispose suffisament de places soit l’école établit un classement sur base de l’indice de l’enfant. Coup de poker pour les élèves car il n’y a donc aucun moyen d’être certain d’être accepté dans l’école de son choix avant le 26 mars.

Une inscription sur critères

Après cette date, les familles seront fixées. Mais d’ici là, les écoles où les demandes d’inscription sont supérieures à 102% du nombre de places disponibles, doivent établir un classement en fonction de plusieurs critères :

  • La priorité revient  d’abord aux enfants d’enseignants
  • Si un frère ou une soeur est déjà inscrit
  • La géographie entre également en compte comme la distance domicile-école, la distance entre l’école convoitée et l’école primaire fréquentée

De plus, afin encourager la mixité sociale, objectif phare du décret inscription, les instituts doivent dès lors réserver un quota de places aux élèves reconnus comme défavorisés, dit à « indice socio-économique faible » (ISEF).

Déjouer le décret inscription

Certains parents élaborent de nombreuses stratégies pour permettre à leur progéniture d’aller dans l’école de leur choix comme de déménager pour être le plus proche possible de  » son Graal scolaire ». Anne François, membre de l’association citoyenne « Elèves », s’explique : « Certains appelent ça de l’adaptation, de la stratégie ou de la résistance. Mais le problème du décret inscription, c’est qu’il a changé la manière de penser des parents car il favorise le géopgraphique au pédagogique. Les critères de choix sont plus souvent liés à la réputation d’une école plutôt qu’à la personnalité de l’enfant ».

En 2014, l’ancienne ministre de l’Éducation, Joëlle Milquet, avait fait part de sa volonté de réformer le décret en donnant plus de poids au choix pédagogique posé par les parents qu’aux critères géographiques. Les changements annoncés ont toutefois été relégués avec le lancement des travaux du Pacte pour un enseignement d’excellence. Selon Eric Etienne, porte-parole de la Ministre de l’Éducation Marie-Martine Schyns, le noeud du problème réside surtout dans le manque cruel de places dans les zones à forte densité.

D’ici 2025, il faudra en créer 15 300 dans l’enseignement secondaire. Mais l’enjeu est double. Si créer des écoles permettra de répondre à certaines attentes, il faudra aussi permettre aux écoles aujourd’hui moins convoitées de (re)trouver un projet qui séduit à nouveau. Pour que rentrée ne rime plus avec déménager.

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