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Solitude et isolement : 5 idées reçues qui se révèlent fausses

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Image d'illustration. | © Unsplash / Adrien Olichon.

Société

Le sentiment de solitude souffre de plusieurs stéréotypes que nous cultivons. Une journaliste de la BBC a mené l’enquête pour déconstruire certains clichés.

L’enquête nationale du bonheur annonçait début juillet une triste réalité : près de la moitié des Belges se sent seule. Un constat encore plus marqué chez les jeunes adultes, qui sont 56% à déclarer souffrir de la solitude. Au Royaume-Uni, sévèrement touché lui aussi par cette « crise » de la solitude, il seraient 9 millions à souffrir de l’isolement. À l’initiative de la Première ministre Theresa May, le pays s’est même doté d’un ministre de la Solitude. Intriguée par ce fléau qui touche énormément les jeunes, la journaliste de la BBC Claudia Hammond a mené l’enquête, en collaboration avec plusieurs universités britanniques, sur les idées reçues liées à la solitude en récoltant les données d’un échantillon de 55 000 personnes à travers le monde. Le résultat est édifiant.

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Les jeunes plus isolés que les personnes âgées

Un des stéréotypes les plus courants est de croire que ce sont les personnes âgées qui sont les plus isolées. Fait étonnant : l’enquête de la BBC dévoile que le niveau de solitude le plus élévé est à mettre au compte des 16-24 ans, dont 40% disent ressentir de l’isolement. Bien plus que les personnes de 75 ans et plus, qui sont « seulement » 26% à se sentir souvent seuls. Et même lorsqu’on demande aux plus âgés quelle est la période de leur vie durant laquelle ils se sont sentis le plus seuls, la vingtaine est l’âge qui revient le plus.

Non, les aînés ne sont pas forcément plus isolés que les jeunes. © Unsplash / Huy Phan.

41% des gens pensent que le solitude peut être positive

Autre donnée surprenante : près de la moitié des sondés estiment que la solitude a de bons côtés, qu’elle peut nous être utile pour reconnecter avec soi-même et se faire du bien. Choisir d’être seul, aménager pour soi des temps où l’on est face à soi-même, pour le plaisir, passer des moments différents de ceux qu’on partage avec autrui et respecter nos besoins individuels.

Ceux qui se sentent seuls ne sont pas « mauvais » socialement

Il apparaît également que les « solitaires » n’ont pas plus ou moins d’empathie que ceux qui ont une vie sociale bien remplie. Les capacités sociales de ceux qui ressentent de la solitude ne sont donc pas « défectueuses » par rapport aux autres.

La solitude n’est pas plus marquée en hiver que pendant les autres saisons

L’approche de Noël est souvent vue comme une période où certains peuvent ressentir encore plus le sentiment d’isolement, notamment les personnes âgées. Encore faux ! Ainsi 2 personnes sur 3 déclarent ne pas se sentir plus seule en hiver que durant les autres saisons. L’été, par exemple, est une période critique pour ceux qui sont en difficulté financière et qui ne peuvent pas partir en vacances. Voyant les proches s’en aller et revenir peut en effet être une expérience éprouvante.

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Ceux qui se sentent souvent seuls jouissent de plus d’empathie envers les autres

L’empathie sociale, c’est-à-dire ressentir de la peine pour ceux qui vivent des situations humaines compliquées (harcèlement, exclusion) serait selon les résultats plus élevées chez ceux qui éprouvent de la solitude. Sûrement car ils savent eux-mêmes ce que c’est d’être mis sur le côté ou rejeté par une partie de la société, ils ont la capacité de plus facilement se mettre à la place de ceux qui souffrent socialement.

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