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« Vagin d’hiver » : La drôle de thèse selon laquelle le froid dessèche nos parties intimes

On parlerait alors de "sécheresse vaginale saisonnière". | © Unsplash / Billie

Société

Si l’on en croit certaines sages-femmes, l’air froid et sec de l’automne et de l’hiver pourrait provoquer des sécheresses vaginales. Ah bon ?!

Alors que l’hiver approche et que l’air refroidi, nos parties intimes sont-elles vraiment à l’abri ? Pas pour ceux qui estiment que la chute de température peut mettre nos organes en danger.

On avait déjà entendu parler du « pénis d’été » ou du fait que les fortes chaleur peuvent chez certains hommes augmenter la taille du pénis. Certains urologues avancent en effet que les températures estivales auraient tendance à provoquer un élargissement des vaisseaux sanguins et donc un gonflement du pénis. Mais alors que le débat n’est toujours pas tranché sur les pénis (et les vagins) d’été, voilà qu’on entend désormais parler du « vagin d’hiver ».

Sécheresse vaginale

Lâchée par les tabloïds britanniques Daily Mirror et The Sun, l’information fait probablement rire autant que pleurer. “L’air sec de l’automne et de l’hiver épuise l’humidité de nos corps, laissant notre peau déshydratée et craquelée, et nos sinus desséchés »… et même nos vagins ! Comme l’affirmait récemment une sage-femme britannique au Sun, le manque d’humidité causé par le froid irait jusqu’à provoquer des sécheresses vaginales, qui elles-mêmes peuvent ruiner toute une vie sexuelle, renchérissait de son côté le Daily Mirror. Pour remédier au problème, l’experte recommande alors d’investir dans un humidificateur d’air et de se munir d’un hydratant vaginal, voire carrément d’un lubrifiant.

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La « sécheresse vaginale saisonnière », une nouvelle qui manque de crédibilité ? © Unsplash / Charles Deluvio

Vaste blague

Sur la toile, beaucoup ont roulé des yeux en apprenant la nouvelle qui – comme l’ont souligné certains – manque cruellement de crédibilité. « Tous les experts ne s’accordent pas sur le fait que le temps qu’il fait dehors affecte le sexe féminin », avance le Huffington Post canadien, précisant que rien ne prouve que le « vagin d’hiver » est bien réel. Pour le docteur Jen Gunter, gynécologue canadienne, cette « sécheresse vaginale saisonnière » n’est rien d’autre qu’une mauvaise blague… qui ne la fait pas rire du tout.

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« Cette manie de dire que le vagin a toujours quelque chose qui cloche est une facçon de culpabiliser les femmes pour leur vendre toujours plus de produits », explique la spécialiste en colère. « Il y a toute une industrie qui se consacre à cette mission », poursuit-elle auprès du site Refinery 29. Dans un article publié sur son blog, la gynécologue tourne le sujet en dérision pour souligner l’absurdité d’une telle théorie. Elle y parle de « neige qui tourbillonne dans les poils pubiens, givre les lèvres, refroidit le vestibule, fait taire le clitoris » tout en martelant que « ce conseil est ridicule » et qu’il faut « arrêter d’écouter les personnes qui vous disent constamment et sans raison qu’il y a quelque chose qui cloche dans votre vagin ».

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