Des hébergeurs de migrants privés de liberté après des perquisitions musclées

Des hébergeurs de migrants privés de liberté après des perquisitions musclées

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La Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés estime que ces actions s'apparentent à des "visites domiciliaires déguisées" visant à criminaliser la solidarité. | © BELGA PHOTO ANTONY GEVAERT

Société

Des perquisitions ont été menées dimanche aux domiciles de quatre hébergeurs de migrants à Saint-Gilles, Watermael-Boitsfort et Nandrin. Deux d’entre eux ont été « privés de liberté ».

« Des ménages belges ont été ciblés comme s’ils étaient devenus les repères de narcotrafiquants », indique Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme de soutien aux réfugiés, après des perquisitions menées dimanche aux domiciles de quatre hébergeurs de migrants. Deux d’entre eux ont été interpellés et seront présentés lundi au juge d’instruction. Quinze migrants ont été arrêtés dont deux entre-temps remis en liberté, indique Mehdi Kassou. Dans un communiqué de presse, diffusé sur leur page Facebook, la Plateforme citoyenne estime que ces actions s’apparentent à des « visites domiciliaires déguisées » visant à criminaliser la solidarité. « Sur les quatre opérations menées, deux ne semblaient viser que les hébergés mais ont pourtant été menées sous couvert de perquisitions adressées aux hébergeurs », analyse la plateforme.

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Des actions violentes

« Portes et serrures forcées, plaquages au sol, mandats d’amener, citoyens menottés. Si la lutte contre le trafic d’êtres humains est indéniablement nécessaire, nous ne comprenons pas que des hébergeurs puissent de la sorte être traités comme des criminels pour avoir été solidaires envers un public plus souvent victime de traite d’êtres humains que coupable de trafic d’êtres humains », ajoute le porte-parole. « Nos premières informations laissent penser que les mandats ont été obtenus sur base de numéros de téléphone qui auraient été donnés par les hébergeuses à leurs hébergés. Néanmoins, ces numéros de téléphone appartenant aux hébergeurs, il est curieux que ceux-ci n’aient, dans deux cas sur quatre, pas été inquiétés et que seuls leurs hébergés aient été privés de liberté », poursuit-il.

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🗣️ Communiqué de press‼️‼️PERQUISITIONS CHEZ DES HEBERGEURS/HEBERGEUSES‼️Des familles (4) d’hébergeurs de migrants de…

Publiée par Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés Bruxelles sur Lundi 8 octobre 2018

Une parade au projet de loi

« Il semble donc que le parquet ait trouvé une parade au projet de loi dit des visites domiciliaires et qu’aujourd’hui, toute famille belge qui aura fourni à son invité une carte SIM afin qu’il puisse rester en contact avec son hôte ou sa famille et les contacter en cas de danger puisse devenir la cible potentielle d’une opération de police traumatisante. Deux hébergeuses ont été privées de liberté mais nous ne savons, pour l’heure, toujours pas ce qui leur est reproché », conclut-il.

Contactés par l’agence Belga, le parquet et l’Office des étrangers n’avaient pas encore réagi à cette information vers 15h.

Avec Belga

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